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mardi, 01 novembre 2005

Une absence de bonté

J’écoute, hier soir, d’une oreille distraite les informations télévisées ; on y énumère les dérapages verbaux de deux ou trois de ces messieurs chargés de l’ordre public à l’encontre de populations souvent d’origine étrangère. On nomme Pasqua, Chevènement, on oublie Marcellin, on s’attarde sur l’actuel Sarkozy...

Quand je me rends attentif au faciès de ces messieurs, ce que j’en retiens, c’est l’absence de bonté.

Un seul me semble avoir échapper à ce manque : Gaston Defferre ! Je n’oublie point qu’il fut, en 1981, le premier à dépénaliser officiellement l’homosexualité.

Dans la triste actualité urbaine de ces jours, le "comble" de cette absence est cependant atteint par le petit monsieur nicolas, ce coquelet qui quoique coucou voulut être roi.

samedi, 08 octobre 2005

Mellila & Ceuta

... ou le retour à nos "jolies colonies" dont il était question dans la note du 24 septembre.
Parce que c'est bien encore la France qui est concernée.
Ces jeunes qui tentent d'envahir les enclaves espagnoles, d'où viennent-ils ?
Sinon du Mali, du Sénégal, de la Guinée, du Congo, du Cameroun !
Et par où transitent-ils ? Par le Maroc...
...D'anciennes colonies en vieux protectorat, à travers le désert, les frontières des indépendances... Sinistre balade !

Le silence de nos gouvernants ?
Ils préférent sans doute lâchement le garder et laisser les voisins espagnols se dém...der ! Ces voisins qui d'ailleurs, doivent penser certains, feraient mieux d'abandonner les enclaves...
Mais pour conseiller de se moucher, faut-il ne pas avoir de morve au nez ?...

Gunter Grass, qui se souvient, lui, déclare dans Le Monde des livres de ce vendredi passé :

« Quand je pense que les puissances victorieuses, qui ont des crimes beaucoup moins graves à se reprocher, par exemple le colonialisme, se refusent de les voir, c'est un scandale. »

Oui ! Scandale que ce silence alors que l'on renvoie au désert de jeunes hommes blessés, amoindris, humiliés.

En avril 2002, nous avions fait escale à Ceuta et naîvement pensions faire une escapade "exotique" à Tétouan, manière de revivre nos années algériennes et de humer les senteurs maghrébines.
Au franchissement de la frontière, Nicléane, violemment choquée par ces étroits couloirs grillagés qui encadraient le no man's land à touristes où nous déambulions à l'aise, a pris cette photo qui nous attira dans les minutes qui suivirent quelques ennuis avec un policier marocain.
Car il est un scandale journalier aux limites de ces enclaves : c'est le cheminement de longues files de femmes et de quelques hommes, venus des montagnes proches, lourdement chargés, qui portent, vers le Sud, pour un maigre euro, les matériels clinquants de notre civilisation industrielle.
medium_ceuta1.2.jpg

Nous faillimes faire demi-tour !

Cependant, nous allâmes à Tétouan.

samedi, 24 septembre 2005

Les jolies colonies...

Les jolies colonies de la France, c'était le titre un tantinet cynique de J. B. Marongiu dans le Libé-Livres de jeudi.
Il est parfois dommage qu'il faille attendre la parution d'une étude d'historiens pour faire entendre à voix plus haute ce que beaucoup d'entre nous pensent et ce pourquoi nous militons au côté de nos amis africains.

L’occultation du fait colonial dans la mémoire collective n’est pas sans effet sur l’actuelle politique de l’immigration. D’un côté, on fait mine d’ignorer que les immigrés plus ou moins clandestins viennent des anciens pays colonisés par la France, parlent le français et pensent à tort ou à raison, que la République leur est obligée. De l’autre, la France ne veut rien savoir de ses anciennes colonies, comme si elle n’était pour rien dans les dévastations du passé et les ruines du présent. On ferme la porte à la plupart de ces immigrés et on somme les autres de s’intégrer au plus vite...

J.B. Marongiu
Libé-livres - jeudi 22 septembre 2005


à propos du livre
La fracture coloniale, La France au prisme de l’héritage colonial, Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, Éd. La Découverte.

Le Monde des Livres d'hier mentionne l'ouvrage dans sa page Essais.

Mais est-ce dit encore à assez haute voix ?

jeudi, 22 septembre 2005

Grosleau gris contre Airbus

Ce n'était donc pas une rumeur.
Le monstre "Airbus" va laminer le dernier vignoble bouguenaisien. Et je n'ai entendu aucune protestation. Le domaine du Chaffault était certes un modeste vignoble. Mais son Cabernet rouge vieillissait bien ; le gosier se réjouissait d'un Gamay rosé allègre et le Grosleau gris, cet ancien "vin de maçon", qui naguère n'était donc que piquette, était devenu, par le talent de son vigneron, breuvage d'or. Et l'un des plus gouleyants de tout le Pays de Retz.

Entre les rangs de vigne, se lever et protester !

Mais contre des tonnes de métal et des emplois créés, la "dive bouteille" déjà s'est brisée.
Le futur des cépages me paraît cependant plus assuré que les ferrailles à venir.

lundi, 05 septembre 2005

Comme ça, en passant

Avec l'hospitalisation du monsieur que certains de mes concitoyens - 80 %, si je ne me trompe point - ont élu "roi" de France, je comprends mieux le montant exorbitant de certaines de ses factures journalières d'épicerie.
Le pauvre homme !

mardi, 31 mai 2005

Pour rien, comme ça

.........................................................................

Si je passe plus outre, et de la Rome neuve
Entre en la vieille Rome, adonques je ne trouve
Que de vieux monuments un grand monceau pierreux

 

Joachim Du Bellay
Les Regrets, LXXX



J'ai simplement lu ce tercet, ce soir, après le journal de l'A2.

lundi, 30 mai 2005

Non ou oui ? - Et alors ? - Non !


............................ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme est par le temps détruit,
Et ce qui fuit, au temps fait résistance



Joachim du BELLAY
Les Antiquités de Rome

dimanche, 24 avril 2005

Vous dites "coopération décentralisée" ?

Fin de semaine active, pluvieuse, autour de notre jumelage avec les amis sénégalais et allemands.
Ils sont venus nombreux de Ginsheim. Les représentants des dix villages de la communauté rurale de Baalu étaient là.

Coopération, assistance technique, aide humanitaire, soutien caritatif... Tiers-Monde, sous-développement, en voie de développement, Nord-Sud... Plus récemment, mondialisation, développement durable, commerce solidaire... Dans le tohu-bohu des vocables, le simple citoyen, parfois, s’égare.
Et quand il s’engage dans des actions de coopération décentralisée, il plonge dans l’ambiguité des sens et les tensions des rapports humains. Et lui parait bien lointaine l’image idyllique qui est parfois celle que beaucoup se faisaient des jumelages entre villes, relations chaleureuses qui s'agrémentaient de banquets, vins d'honneur et autres voyages d'agrément.

Il y a une belle tension dans le titre un tantinet audacieux de notre lettre d’information, que nous faisons paraître depuis deux ans : Bouguenais Sans Frontières.
Bouguenais, affirmation d’une géographie minuscule.
Sans frontières, élargissement aux dimensions du vaste monde. Le coin de terre et la planète. Le local et le mondial.

Et nous prétendons faire. Et faire avec d’autres ! Des Allemands, des Sénégalais, des Roumains. Depuis peu, des Palestiniens, des Nicaraguayens.
Mais faisons-nous avec ? Ou faisons-nous pour ?

Il est vrai que la coopération décentralisée a rapproché le simple citoyen du vaste monde. Cette nouvelle proximité entre communautés nous donne liberté de nous organiser selon nos propres modes, la capacité de suivre les actions décidées dans la mouvance et la transformation. Échanges, soit ! Mais aussi confrontations de nos comportements, de nos modes de pensée et façons d'agir.
Nous revenons de loin, d’un passé lourd de violence, de conquête. Quelles traces encore en chacun d’entre nous ?
Mais se dessine sur ce vieux monde, l’émergence de communautés qui se bâtissent sur le désir commun et l’entente, plutôt que sur le pouvoir et la domination.

En balbutiant, en réfléchissant, en philosophant, nous tentons ensemble de faire.











Au délit de faciès, substituons donc l’exigeante philosophie du Visage de l’autre que dessinait Emmanuel Lévinas, philosophie qui requiert ma responsabilité dans la rencontre avec autrui.

« Ne pas déplorer, ne pas rire, ne pas détester, mais comprendre. », écrivait Spinoza, autre vieux philosophe, en un temps tout aussi chaotique que l’actuel.
Décidemment, nous n’en sortirons pas indemnes !

vendredi, 15 avril 2005

Un non au "oui ou non" !

Rencontre, ce soir, chez Ja. et Se., entre des citoyennes et citoyens de tous âges. Je devais être le doyen et il y avait un bébé au biberon. Le passé et l'avenir européens, quoi !
Hors partis. Presque hors institutions ! Belle et civique initiative, mes voisins !
La plupart diront NON ! Je regrette que nous n'ayons d'autre alternative que ce OUI ou NON.
Affirmer ce non au "oui ou non", c'est déclencher l'hilarité devant ce qui est entendu comme une confusion et se faire renvoyer à l'abstention ou au vote blanc.
Quelles lenteurs dans l'avancée démocratique et la recherche de nouveaux modes d'expression et de participation ! À quand l' AGORA du XXIe siècle ?

medium_cocachi008.jpgLe 12 mars dernier, dans la Carrière de Saint-Herblain, Yves Salesse, de la fondation Copernic, évoquait les cahiers de doléances de nos ancêtres qui préparaient 89. Nos députés "marchetons" de Bretagne, Anjou et Poitou avaient des "assises" autrement plus actives et populaires que les débats(?)starisés sur les écrans de certaine entreprise de décervelage (Coca-Cola et Chirac, même étal !).

Pour celles et ceux qui connaissent bien la vie associative, pour ce référendum de mai, j'ai l'impression de me trouver dans une assemblée générale où l'on propose à des citoyens de créer une association avec des buts, des objectifs, des valeurs ; mais le vote ne s'exercera point sur les statuts définissant ces trois termes, mais sur le seul règlement intérieur... présenté, qui plus est, par le... trésorier pressenti de la future association.
Debray avait cent fois raison : nous n'affirmerons pas notre "foi"- l'Europe - en votant sur une procédure - un traité.


Je n'ai pas regardé la télévision, jeudi soir ; à Angers, Gi. donnait sa chorégraphie "Écrin" avec les étudiant de l'École supérieure de danse contemporaine en fin d'année de formation.
Rupture et dialogue qui résonnent d'un corps à l'autre.
Gi. et Patrik avaient pris l'argument dans Cool Memories de Jean Braudrillard :

« On se consume de passion, mais on se nourrit d'obsessions. L'obsession est la forme alimentaire de la passion. »

Un parfait Savennières 2002 a clos la soirée, chez Th. et Lo.