dimanche, 30 septembre 2007
"être rugby"
Ce ne fut peut-être point une orgie, mais il y eut beaucoup d'enthousiasme, à un point tel que les Nantais en oublièrent leur "celtité" pour soutenir ces diables de Fidjiens, pourtant bien enrobés, mais agiles et véloces.
Les premières minutes laissaient augurer une domination galloise qui se dispersera dans trop de fautes.
Le rugby, alors, se mit à danser.
Au milieu de la seconde mi-temps, le coup de poignard d'une interception qui mena le joueur gallois à l'essai ne mit point les Fidjiens à genoux. Les chœurs gallois ne se réveillèrent que quelques minutes.
Les Polynésiens ont enchanté la Beaujoire et j'ai passé un excellent après-midi dans la foule.
Ce qui m'est exceptionnel.
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jeudi, 27 septembre 2007
ne pas oublier Louis Poirier
Avant-hier, j'ai failli oublier la passion enfantine de Julien Gracq pour le rugby, passion solitaire qui s'exerça dans la lecture du Miroir des sports et dans ses resquilles, le long des palissades du stade de l'île Gloriette, où le SNUC — maillot blanc à ceinture verte, blanche et rouge — affrontait le Vélo-Sport Nantais ou le Racing-Club de Trignac.
...le rugby n'intéressait apparemment que moi. C'étaient là des orgies d'enthousiasme solitaires qui, dans mon isolement sur mon échelle, ne pouvaient ni se décharger parmi les cris d'une foule unanime, ni trouver ensuite écho et se diluer dans les émois d'un milieu sympathisant, des séquences dépareillées, fulgurantes, que je reprojetais longtemps avant de m'endormir, ainsi que les chutes d'un film, sur la nuit du dortoir. Elles font encore pour moi seul, d'un coin anonyme et aujourd'hui rebâti de cette île Gloriette, si faubourienne et si grise, un coin des ruines d'Olympie.
LA FORME D'UNE VILLE, pp.167-168.
J'ai fréquenté l'île Gloriette ... et le stade Malakoff, désormais "Marcel-Saupin", récemment remodelé (!) ; c'était pour la passion du football, le FC Nantes était encore encore en 2e Division. Mon père qui avait joué à la Mellinet, le "grand patro" nantais, m'y entraînait le dimanche après-midi. Il ne m'a emmené que de rares fois au stade de Malville, près du Parc de Procé, où le SNUC avait émigré dans l'après-guerre. Ma mère et lui me racontaient de sanglantes histoires de langues avalées dans les farouches mêlées qui me fascinaient tant et que je n'ai expérimentées — les mélées, pas les langues — que dans les "mauls" de soule que le moniteur d'éducation physique du collège nous proposera plus tard.
Bref, nous n'étions pas "rugby" dans la famille et de ce manque j'en gardai quelque nostalgie.
D'où mon bonheur de me laisser aller, samedi après-midi, à "des orgies d'enthousiasme" pour Fidji-Galles !
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vendredi, 31 août 2007
retour encore incertain ! pour le rugby, peut-être ?
Ce soir, ou demain à l'aube, je largue.
En solitaire.
Jusqu'aux Glénan, si les dieux qui n'existent guère sont favorables ?
Brandan — cf. la note de la veille — n'avait point tel souci :
Brandan s'en vait d'iloec avant
Ben set de Deu ad bon guarant
E li muine bien sevent tuit
Que segur sunt al Deu cunduit
Post-scriptum (qui n'a rien à voir avec ce qui précède) :

Ma bien chère filleule, Anne, a mérité un bel article dans le magazine du Conseil régional d'Aquitaine. Certes, il y aura de belles empoignades à regarder dans nos lucarnes, mais son bouqin, ÊTRE RUGBY, nous guide encore un peu plus, et avec humour, dans la compréhension de la mêlée.
À lire.
Je suis fier de ma filleule !
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