dimanche, 22 novembre 2009
une musique parfois...
...encore dans les flottements légers du sommeil et la tiédeur de la couette, dans les écouteurs du petit mp3, "tes boucles d'oreille musicales" dit ma voisine.
Une mélodie bien connue, des trilles suspendues dans les aigües, qui s'allongent, se répètent, et puis comme un sentiment que la cadence se rallonge indéfiniment, la mélodie se désaccorde, les trilles reviennent soutenues par des roulements aux timbales, inhabituels . La mélodie toujours insoutenable de beauté qui semble s'égarer dans un labyrinthe dont le violon ne souhaite point la sortie.
Inouï, si le mot n'est pas aporie en écrivant de musique.
À pleurer parfois — chez l'écoutant, se rapprochent des jours qui chaque annnée, si lointains et trop proches, s'obscurcissent d'une ombre bien-aimée.
Une écoute si neuve ! Ne suis qu'un piètre mélomane, dans les limites de l'illetrisme musicale.
À réécouter : c'est disponible sur France Mu pendant tout ce dimanche et, pendant trente jours, écoutable "à la carte"en cliquant sur le lien marqué au rouge et en patientant quelques minutes... ou quelques secondes, le temps de dérouler en accéléré le journal et la présentaiton de l'émission.
Réécoutez, vous-dis-je !
dimanche, 08 novembre 2009
ajout à la liste V
La Prière mise en musique par Brassens est une de deux Prières écrites par Francis Jammes. J'ai publié la seconde Prière pour aller au Paradis avec les ânes dans ma note du 12 avril 2005.
La mélodie de La prière est identique à celle d 'Il n'y a pas d'amour heureux, le poème d'Aragon.
Lequel fut le premier texte mis en musique ?
Qu'importe. Le poignant de cette musique s'accorde tant avec l'un et l'autre que je ne les ai jamais confondus. Sans doute l'interprétation très engagée de Brassens, dans l'une et dans l'autre chanson : le bougre savait être grave.
Dans ma recherche sur la Toile, je suis tombé par You Tube sur cette curieuse interprétation de La Prière.
Le suranné de certaines images n'atténue en rien l'émotion, à fortiori quand une ou deux gravures, plus que sulpisciennes, évoquent les murs d'une chambre de la petite enfance. Étonnante de mauvais goût, cette vidéo, mais la voix, à l'opposé de la rocaille savoureuse de Brassens, s'étend dans une plainte saisissante.
samedi, 07 novembre 2009
« vertige de la liste » V, la pénultième
vendredi, 20 février 2009
le quatrième avatar et la suggestion d'un cinquième...
Il sera musical.
Ulysse s'éveille sur une grève d'Ithaque, mais il ne reconnaît point le rivage
Toutes choses à ses yeux semblaient autres,
les longs chemins, les ports de mouillage sûr,
les rocs escarpés, les bois touffus.
Il se tint debout, contemplant sans la reconnaître sa terre natale.
Il pleura. Paumes ouvertes se frappant les cuisses,
Gémissant : « Sur quel rivage, ai-je encore échoué ? »
Claudio Monteverdi livre son avant-dernier opéra, Le retour d'Ulysse dans sa patrie. Il est au sommet de son art, il est dans l'au-delà de ses soixante-dix ans, il est toujours dans le stile recitativo de son Orféo, mais la déclamation s'est approfondie.
Dans l'atelier de la Tisserande qui ignore encore l'échoué de la plage, s'élève le lamento.
Je me demande parfois, si mon cher Joachim — autre très mince, mais génial avatar — n'a pas trop anticipé le bonheur du marin.
Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage

Joachim Du Bellay, l'homme qui tissait déjà une toile d'amitié et de nostalgie — de "nostos", en grec, le retour —, dans ses cent quatre-vingt-onze "notes d'un blogue" qu'il intitulait Les Regrets.
C'était quasi un siècle avant l'œuvre de Monteverdi et plus de dix ans avant la traduction de l'Odyssée par Pelletier du Mans.
mardi, 03 février 2009
Epaules nues et gueule burinée
à M et A H
pour ces jours dans la chaleur de l'amitié,
de la musique et de la mer.
Entre la Folle Journée — avec un pluriel —, de Heinrich Schütz à Jean-Sébastien Bach et le VendéeGlobe, le blogue s'est effacé devant les écoutes, les échanges, les balades et l'amitié.
Il y eut de belles épaules nues sous les projecteurs du palais des Congrès, et l'on peut soupçonner en écoutant le Magnificat en ré majeur de Bach que Gabriel, le visiteur de la future vierge-mère ait eu une archangélique érection spirituelle — il ne venait point pour lui, mais pour l'Esprit-Saint, et il avait annoncé, six mois auparavant, une nouvelle identique à la cousine âgée de :
Miriâm dit au messager :" Comment cela peut-il être
puisqu'aucun homme ne m'a pénétrée ?"
Le messager répond et lui dit :
"Le souffle sacré viendra sur toi, la puissance du Suprême t'obombrera.
Ainsi celui qui naîtra de toi, sacré, sera appelé Bèn ÉLohîm."
Et Miriâm visitant sa cousine, d'entonner le chant :
Oui, le Puissant a fait en moi de grandes choses et sacré est son nom.*
L'archange peut être satisfait de sa tâche de messager, et nous de la musique céleste de Bach qui soulève si allègrement les épaules nues des belles cantatrices.
La Passion selon Mathieu avec le grand vieillard qu'est désormais Michel Corboz fut une longue et paisible méditation nocturne ; je craignais l'ennui sinon l'endormissement, les trois heures furent de haute veille.
Le lendemain, une sonate de Dietrich Buxtehude — les concerts de Schütz et consorts avaient été dévorés par les grands matinaux de la première semaine de janvier qui avaient fait la queue aux portes du palais dès deux heures du matin — et la Cantate 150 de Bach par le Capriccio Stravagante de Skip Sempé et les Solistes de Pygmalion : une musique à pleurer de joie, interprétée dans l'airain des voix et la douceur des cordes.
Comment le père Bach, sur des textes aussi débiles, à en perdre la foi ...si vous l'avez encore, écrivait-il de pareilles compositions ?
Sur Arte, il y a encore de beaux restes à écouter et voir !
Pour la première fois sur ce blogue, je vous propose d'écouter les sons qui vont suivre ; c'était jeudi soir dans la Grande Halle ! La "négraille" d'Aimé Césaire, à sa façon, célèbre Bach et c'est tout aussi fascinant que le soulèvement des épaules blanches et nues des belles du Magnificat.
Non, nous ne sommes pas allé aux jetées des Sables d'Olonne. La foule de la Folle Journée nous suffisait et la bise de Nordé ne devait être guère accueillante. Mais, belle est la victoire du grand à la gueule burinée, grand parmi les marins de la vallée des Fous — ainsi nomme-t-on le vallon où s'ouvre Port-La Forêt.
Amants, nous ne sommes point gens de labour ni valets de moisson. Pour nous la haute et libre vague que nul n'attelle ni n'oblige. Et pour nous, sur l'eau neuve, toute la nouveauté de vivre, et toute la grande fraîcheur d'être...**
Après la musique, l'eau devait manquer aux vieux marins, point fous, que nous sommes devenus, le village de Passay nous accueillit et Grand'Lieu s'étendait comme le long recitativo secco d'une passion de Schütz !

Post-scriptum :
*Les brefs passages cités — Luc, I, 34-35 — sont extraits de la Bible traduite et présentée par André Chouraqui, chez Desclée de Brouwer, 1989.
** Saint-John Perse, Amers, Poésie/Gallimard, 1970.
L'image du lac est de Nicléane.
dimanche, 01 juin 2008
de la bonne chanson à l'opéra : pourquoi pas ?
Agréable, fort agréable soirée avec les ami(e), d’Arc-en-Sol. Ils ont fait des progrès énormes depuis l’an dernier : enfin des attaques bien marquées. Un programme nostalgique et doux à souhait avec la Ballade irlandaise, le Tourbillon de la vie, la Maman des poissons de Lapointe, Emmène-moi au bout de la terre qui évoquera toujours pour moi plus que le sympathique Aznavour, le torrentueux Blaise Cendrars, qui, lui, nous emmena au bout du monde.
Away, Haul Away manquait un peu de nerf : les gars d’Arc-en-Sol ne sont point hisseurs de drisse, ni brasseurs d’écoutes.
Mais cette soirée m’a glissé une foutue tristesse au cœur et je n’ai pu m’empêcher de penser à JeanJo qui, les autres années, mettait en page affiche et programme.
Vacheries maudites de la “Parkinson”, du désespoir et de la camarde !
Ce matin, par hasard, sur Arte, La grande parade d’Olivier Py : voilà un jeune (!) homme qui me raccorderait avec le théâtre, dont je ne gardais jusqu’alors que les vieux Grecs, Racine et Claudel.
J’ai le dvd de Tristan et Isolde qu’il avait monté pour le Grand Théâtre de Genève et qui sera joué à Nantes en mai 2009.

J’ai feuilleté sa traduction de l’Orestie qu’il met en scène d’ailleurs ces jours-ci,... mais à Paris.
Ah ! si Puig nous proposait de tels travaux de traduction en atelier de Grec ancien pour novembre prochain. nous avons terminé l’année sur le Phédon et les inévitables "Chant du Cygne" et "mort de Socrate."..
J’ai achevé la matinée par le premier acte de Cosi fan tutte, monté par Chéreau à Aix : à se diluer de bonheur — toujours dans la dominante nostalgique — à l’écoute de ces duos, trios, quintettes. Il y a du suave et du radieux dans ce génie de mettre en scène l’art de la réciproque tromperie amoureuse.
À ne rien comprendre aux crimes passionnels. Cosi, c’est l’anti-Tristan.
Quand Chéreau montera-t-il Tristan et Py, Cosi ?
La journée s’achève sur des suavités plus graves : celles que nous fait entendre depuis plus de quarante ans, Gustav Leonhardt auquel France Mu a consacré le dimanche en son entier.
Bref, une fin de semaine apaisante après les lectures tourmentées, mais dans un profond encore ignoré, salutaires, de Pierre Guyotat, lui-même passionné de musique.
19:01 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
lundi, 04 février 2008
folles journées
...Trois jours durant, la maison, bruissante de Schubert...
11:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 06 avril 2007
vendredi-saint : de vieux restes et une émotion certaine
à l'homme du Lycosthène et à sa compagne
Le vendredi-saint, ma grand-mère ne descendait jamais laver le linge des autres à la rivière.
Laver un drap aurait été laver un suaire.
Comme un chœur très très lointain, en hommage aux vieux copains partis avant ce printemps, la musique de Jean Sébastien Bach :
Wir setzen uns mit Tränen nieder
Nous nous asseyons en pleurant
Et sur ton tombeau, nous te disons :
Repose doucement !
Repose doucement !
Reposez, membres épuisés !
Dans la joie suprême, se ferment alors les yeux.
Höchst vergnügt schlummern da die Augen ein.

Semana santa, Rota - Andalousie, mars 2002, de Nicléane
18:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 21 janvier 2007
ensoleillée, la Loire
Balade ensoleillée dans la vallée gorgée d'eau.
Envol d'aigrettes, une puis deux, puis cinq, deux hérons cendrés restent impassibles. J'ai dans les oreilles l'Élégie pour la mort de son père de Dietrich Buxthehude, comme une tendre plainte bien accordée à ce ciel de traîne.
Dommage que les compagnons "vététistes" labourent certains sentiers, le piéton n'en finit plus de patiner. Par pluies abondantes et durables, il faudrait que l'usage des ces chemins leur soit déconseillé.
Avant-hier, je suis allé voir La Flûte Enchantée filmée par Kenneth Brannagh ; contre les critiques acerbes, j'ai beaucoup aimé. De quelle guerre s'agit-il ? Ce n'est pas si sûr que ce soit celle de 14-18, même si les tranchées sinuent dans l'horreur loufoque. Les pantins s'agitent et chantent.
Échapppe à la dérision l'atelier de Sarastro, un monde chaleureux d'ouvriers et d'artisans, très fouriériste. Mozart, chanté en anglais, acquiert une légèreté que mon mauvais goût apprécie. Et après cette ènième écoute de la Flûte, c'est, pour moi, hors de doute, je suis du côté de Papagéno.
J'ai enchaîné ma soirée en allant avec Jac, Se, mes voisins, et Nicléane voir Le grand appartement de Pascal Thomas. Nous y avons souri ert ri.
Mes tendances sensuelles se sont réjouies de l'éloge des aisselles poilues et j'ai admiré fugitivement l'abondante et brune toison "jouvienne" de Lætitia Casta qui, je l'espère, n'était point un pudibond postiche.
15:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 28 janvier 2006
Quand naît Mozart
À Nantes, ce sont certes les "Folles Journées".
Ce fut d'ailleurs la première "La Folle Journée Mozart" en février 1995. J'y étais ! J'avais débuté l'après-midi par le Concerto pour violon K 218 et achevé la soirée par le Quintette pour clarinette K 581 qui me fait si souvent monter les larmes aux yeux.
Aujourd'hui, il neige sur Nantes et c'est une belle harmonie des Nations. Beaucoup de gens doivent songer à Mozart !

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Sur la longueur de ses deux lèvres, en terre commune, soudain l'allégro, défi de ce rebut sacré, perce et reflue vers les vivants, vers la totalité des hommes et des femmes en deuil de patrie intérieure qui, errant pour n'être pas semblables, vont à travers Mozart s'éprouver en secret.
— Bien-aimée, lorsque tu rêves à haute voix, et d'aventure prononces mon nom, tendre vainqueur de nos frayeurs conjuguées, de mon décri solitaire, la nuit est claire à traverser.
René Char
Débris mortels et Mozart
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