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mercredi, 23 novembre 2016

dans l'obscur et le froid de l'absence

 

même le nom s'effacera dans la nuit du plus jamais
demeure l'inoubliable Visage

jeudi, 03 décembre 2015

mon compagnon bas-poitevin, Burneau le conteur

Certes Claude était conteur, il était aussi poète, théâtreux, photographe.
Il fut éditeur ; de ce temps, où il fallait braver la grande machine à broyer éditoriale avec l'aide toute aussi courageuse de modestes imprimeurs locaux. C'était SOC & FOC. J'ai toujours pensé que ce nom qu'il avait élu était pour lui alliance de la terre et de la mer. Les rivages qui l'avaient vu naître, le bocage où il vivait.
La charrue et la voile.

Il aimait Yeu, son île poitevine. En 2006, il lui avait consacré un mince recueil de photographies soutenues par des haïku. Il rassemblait ainsi une des îles du finisterre occidental et l'une des formes écrites de l'orient extrême. Il avait un côté héraclitéen.

Ses outils furent le crayon et la voix, les tréteaux du comédien et la chaise du conteur, la machine à écrire et le clavier de l'ordinateur.

 

Nous fûmes compagnons que l'on dit d'Éducation Populaire : nous avons accompagné des femmes, des hommes, des jeunes et des plus âgés, des paysans et des ouvriers, des ouvrières et des paysannes sur les chemins de leurs lectures et de leurs écritures, dans la fabrique de leurs poèmes et le façonnage de leurs histoires de vie.

 

"Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence. Qu'en est-il alors ?" écrit René Char.

À la lueur de cette citation, je veux donner à lire ce texte tiré d'un minuscule recueil Fétus, tapé à la machine et relié à la main, il me l'avait offert au tout commencement de notre compagnonnage en 86.
Mon compagnon bas-poitevin était souvent dans les parages de Ponge.


LA NÈFLE

La nèfle est fruit de l'attente. Quand l'automne agonise, elle pend là, au bout d'une branche nue, au détour d'un chemin buissonnier. Vous la croyez à point, mais elle résiste sous vos doigts, plus dure qu'une pierre. Non, il vous faudra encore patienter, jusqu'aux
premières gelées blanches. Quand la nature s'engourdit, la nèfle, elle, s'épanouit. Disons-le tout net: elle pourrit. C'est dans cet état, et dans cet état seulement, qu'elle est comestible.

Mais alors, quel régal : déguster une nèfle est un plaisir raffiné. Sachez que sa saveur se
mérite : il lui faut le temps du rite. Vous saisissez le fruit entre le pouce et l'index, délicatement, car il se déforme sous la pression de vos doigts, vous incisez sa  peau flétrie d'un coup de dents sec et par le petit orifice ainsi pratiqué, vous sucez la chair délicate jusqu'à ce que vos lèvres devinent de petits glands tout durs que vous amenez entre langue et palais pour les débarrasser de leur gangue sucrée avant de les recracher.

Parfois une parcelle de chair ambrée se glisse sous votre ongle. Vous le curez longuement entre ves incisives et faites durer le plaisir tout au long de votre promenade. Car la nèfle est la compagne idéale de la marche : discrète, secrète, fraîche sous la rosée. Sa consommation sur toile cirée, ou formica, serait sacrilège. Même les guêpes vous le diront.

 

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Il avait poussé très loin cette démarche "pongienne" de la Fabrique du pré, photographiant chaque jour, une année durant en 2012, la prairie qui jouxtait sa maison, dans un blogue livré à nos regards et ouvert à nos commentaires, Tant va le temps

Que ce soit sur les estrans de son île bien aimée, que ce soit dans les petits matins de sa voisine la prairie, il me laisse ceci :

Là, devant ta main
attendent tant de merveilles
à toi de les lire —

 

en guise de faire-part
par un modeste écrivailleur
haut-breton

 

* Visiter Soc & Foc

 

jeudi, 26 novembre 2015

c'était déjà un temps de guerre

Rabéa001 - copie.png

                                                                                 si brève la folle tendresse

lundi, 24 novembre 2014

in memoriam

 

 

dans l'ombre portée de sa mort

depuis ce lundi 24 novembre 1964, je l'imagine, Elle, mon Analphabète,
conversant avec mes vieux copains de génie que je fréquentais alors dans mes livres.

Elle, silencieuse, était attentive à mille vies infimes et humbles

samedi, 23 novembre 2013

dans les parages de la mort

Rabéa.jpg

 

 

 

 

 

 








Qu'importe les années ?

Je ne saurai jamais son rêve des temps à venir.

jeudi, 11 avril 2013

de Michel-Ange un sonnet aux rives de la mort

MichelAngel.jpg

Α l'Amor 

Tornami al tempo, allor che lenta e sciolta
  Al cieco ardor m' era la briglia e Ί freno ;
  Rendimi il volto angelico e sereno,
  Onde fu seco ogni virtù sepolta,
E' passi spessi e con fatica moka,
  Che son si lenti a chi è d' anni pieno ;
  Tornami l'acqua e Ί foco in mezzo Ί seno,
  Se vuo' di me saziarti un' altra volta.
E s' egli è pur, Amor, che tu sol viva
  De' dolci amari pianti de' mortali,
  D'un vecchio stanco orna' puo' goder poco:
Che l'aima quasi giunta a l'altra riva,
  Fa scudi a' tuo' di più pietosi strali ;
  E d' un legn' arso fa vil prova il foco.


 

                                                     à l'Amour

Rappelle à moi le temps où mon aveugle ardeur
  détendait la bride et desserrait le frein,
  rends-moi le visage angélique et serein
  avec lequel toute vertu fut ensevelie,
et les pas pressés, prêts aux grandes fatigues,
  qui se font si lourds à qui prend trop d'années ;
  fais revenir l'eau et le feu que j'avais dans la gorge,
  si tu veux de moi te repaître une fois encore.
Et s'il est vrai, Amour, que tu ne saches vivre
  que des pleurs doux-amers des mortels,
  d'un vieillard épuisé n'attends rien désormais.
Car mon âme à l'autre rive presque arrivée
  se défend de tes traits par des traits plus touchants :
  d'un bois déjà brûlé, que peut tirer le feu ?

Michel-Ange 
(traduction de Georges Ribemont-Dessaigne, 1961)


Pour saluer la contrée et la langue dans lesquelles furent fabriqués ces premiers chants, Pétrarque eût été le choix le plus judicieux. Mais Pétrarque n'étant point dans l'expérience du lecteur, j'ai décidé de célébrer les origines de cette grande forme en me référant à Michel-Ange Buonarotti qui fut à travers une banale commande au Club français du livre depuis "mon piton de Rhadous" en mai 1961 une belle émotion de lecture. 
J'y ai apposé un de ces dessins du grand sculpteur et peintre — il était donc aussi poète — qui illustraient le bouquin "composé d'après les maquettes de Jacques Daniel en caractères Calson corps 16 et achevé d'imprimer le 28 février mil neuf cent soixante et un sur les presses des imprimeries Paul Dupont à Paris et relié par Engel à Malakoff". C'est le n° 11480 des quinze mille exemplaires réservés exclusivement aux membres du club français du livre.

La Beauté arrivait encore dans les "djebel" algériens. Pour mes amies et mes compagnons de ce pays aimé qui m'offrirent quatre ans plus tard les Amours de Ronsard dans la modestie d'un Livre de Poche relié de rouge, je souhaite avec tendresse qu'Elle y parvienne encore !


samedi, 24 novembre 2012

sortir du silence ?

sans doute,  mais il est encore des allées de sombres ombrages.

 

Rabéa001 - copie.jpg

 

 Suffit-il donc que tu paraisses  De l'air que te fait rattachant  Tes cheveux ce geste touchant  Que je renaisse et reconnaisse


Reviens visage à mon visage  Mets droit tes grands yeux dans mes yeux Rends-moi les nuages des cieux  Rends-moi la vue et tes mirages

 

Mon sombre amour d'orange amère  Ma chanson d'écluse et de vent  Mon quartier d'ombre où vient rêvant  Mourir la mer

 

dans les pages d'Aragon et la voix déchirée de Ferré

 

en mémoire d'Elle et des nuits du BouMaad

lundi, 26 mars 2012

retour de mer

 

Quand le MAL agit un homme : des enfants morts.

 

Sur les vasières de l'estuaire, les Tadornes s'accouplent. Passée l'écluse, aux rives de la Vilaine bourgeonnent, roux, les saules, les hêtres et les peupliers.

mercredi, 29 février 2012

j'étais seul

... au théâtre Graslin, ce soir.

Pour l'Orphée de Gluck.

Mais pourquoi n'a-t-il pas plongé jusqu'au profond de la désespérance que dit le mythe ? Sans doute la musique dément-elle le chœur béat qui clôt l'opéra ?

Illusion d'un "Trionfi Amore" ! La musique sous l'apparente douceur ne chante que la mort.

lundi, 26 décembre 2011

ce même jour, il y a vingt ans

 

Revenant d'une balade au bord de mer........................

 

MON PÈRE !

Ce pourrait être la chanson de Barbara


Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
.......................................
Faites vite
il y a peu d'espoir
il a demandé à vous voir


 

Ce pourrait être un poème de Luc Bérimont


J'étais faible, mon père, et tu m'avais quitté
Sans savoir que minuit roulerait sous sa patte
Cet enfant au front lourd dont les larmes tremblaient

 

ou de Jean Claude Renard

 

Père dans cette nuit où la mort nous retient
et dans ce sang pareil à un pays brûlé




Luc Bérimont, Le grand viager.
Jean Claude Renard, Père, voici que l'homme.