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jeudi, 04 août 2022

mais que ce même 4 août, il y a cinquante et un an, s'annonce le futur d'une lignée dans la canicule d'un été...

 

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se dessine la joie d'un bel avenir .

quand s'éloigne un compagon d'adolescence

 

faire part Michel Carteron.jpg

dimanche, 10 juillet 2022

la honte

 

 

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Quand ce qui se veut écologie et lutte contre le réchauffement climatique
saccage l'HORIZON MARIN.

 

samedi, 19 mars 2022

Quand s'en est allé mon "vieux copain"

le 17 mars 2022, précédé du mercredi 9 mars
(vraiment, entre parenthèses : IL aurait pu attendre le 19 mars, jour de la Sant Jobek et du cessez-le-feu d'une certaine guerre).

...Mais non, Jobic s'en est allé fort paisible le 9 mars à midi...

Et le 17 mars, nous avons déposé sur son corps, l'accompagnant dans le feu, le tapuscrit de son bouquin Baniane, une Algérie fraternelle. Il l'avait saisi de ses propres mains. C'était nous approprier le rite funéraire des Dogons qui brisent l'outil du mort afin qu'il devienne l'ANCÊTRE vivant,  l'Antecessor, celui qui précède, d'abord attesté, non comme  lointain aïeul, mais comme terme commun au sens de « éclaireur ».
L'Ancêtre comme un éclaireur !
Ce que les Dogons nous disent, c’est cette exhortation fraternelle : 

« Et si c'était de notre ressort à nous, les encore vivants, de continuer nos morts bien au delà du simple et pieux souvenir ? D’entretenir à travers nos enfants et les enfants de nos enfants, la force vitale et les vertus qui animaient  les actes de ce aïeul en allé ! »

Au bord des larmes, la gorge nouée, j'ai tenté de lire ce qui suit :

 

 

Ce sont sans doute ...quelques lignes lues... par hasard...
sur une page déchirée et tombée d'un roman déjà ancien
ou d'un journal intime, perdu par je ne sais trop qui. 

Il y a déjà plus de soixante ans de cela.

S’est-il écoulé un mois, deux mois depuis notre venue à Biskra. Un matin quasi printanier comme tous les matins biskris, Christian et moi achevons la tournée des commerçants, fournisseurs des activités de nos Centres Sociaux Éducatifs.

Entre la place Béchut et la rue des Ouleds-Naïls, Christian salue une jeune femme, mince, jolie brune au léger accent aquitain ; il me présente à elle et mentionne l’existence de Rabéa, ma compagne Algérienne, ce qui paraît susciter très vite l’intérêt de la jeune femme que mon compagnon appelle Colette.

Quand nous nous séparons, Colette nous adresse, pour le soir même, une invitation, me précisant :
« Bien sûr ! J’espère que vous serez accompagné de votre femme ! »

Quand elle s’est éloigné, Christian y va de son commentaire : « Colette est l’épouse de Jo Saouter, le receveur des Contributions. C’est un couple généreux, accueillant ; mais autant elle, est discrète, mesurée, autant il est grande gueule, emporté mais passionnant et bon. C’est un Breton, de ceux qu’on appelle les chrétiens libéraux. Ils sont en Algérie depuis 1952. Ils étaient en poste à Soukh-Ahras et étaient dans la sphère des prêtres de la Mission de France, ceux qui furent condamnés et expulsés d'Algérie en 1956. Jo est un homme généreux, mais il n’est guère prudent et clame fort à tous coins de rues ses idées sur la libération de l’Algérie. L’OAS aimerait bien lui faire la peau, elle a tenté par deux,  d’ailleurs... Si tu le rencontres en ville, ne t’étonne pas de sa faconde et tu as des chances de lui être sympathique. »

Le soir même, nous nous retrouvons dans l’appartement qu’habitent les Saouter avec leurs trois enfants : une jolie rousse toute bouclée, une ravissante brunette et un garçon d'un an à peine, vif et rieur. Rabéa est ravie de ces enfants.

C’est une très longue histoire qui commence.  

Elle ne s'achève pas encore aujourd'hui.

 

Continuant la tradition des Dogons, j'ai brisé un second outil de travail. un simple crayon, cet outil qui nous sert encore, à nous, alphabètes lettrés du monde occidental, pour acquérir, produire et diffuser les savoirs, un outil modeste mais qui fait tant défaut à nombre de nos compagnons du Sud.

Je n'ai pas eu encore l'audace de briser un ordinateur, fut-il portable...! Ça me sera peut-être possible un jour.
 

 

mardi, 15 mars 2022

il y a 60 ans............................ Six Justes

 

Ce 15 mars 1962.


C'était un temps déraisonnable. Les tueurs rôdaient, les mêmes ou d'autres — qu'importe les jours ou les siècles, passés ou à venir — dans l'ombre des rues ensoleillées. Nous marchions atterrés mais attentifs, sereins mais exempts de la peur. Nous ignorions que des lendemains lointains nous donneraient raison, malgré la haine et le sang.

Sur les gouffres du temps, que la mort creuse si vite et si fort entre les êtres et les
générations, je passe le fil de la mémoire. Je vous nomme, ombres de lumière.

Max Marchand, présent !
Mouloud Feraoun, présent !
Marcel Basset, présent !
Robert Eymard, présent !
Ali Hammoutene, présent !
Salah Ould Aoudia, présent !

Vous voilà parmi nous.
La poussière des fureurs de la guerre est tombée. Et voilà que vos assassins n'ont plus de nom. Ils n'ont aucun visage qui se distingue dans la cohorte sanglante des bourreaux de tous les âges et de toutes les guerres.
Vous voici, maîtres de l'école publique, passeurs de savoirs et de savoir être. Vous êtes uniques et singuliers comme le sont les visages de ceux qui donnent la vie.
La vie!
Celle de l'esprit que le savoir construit, faisant de chaque jeune individu une personne.
La vie!
Celle du temps profond de l'Algérie comme rive de la Méditerranée, que ponctuent
nos tombes emmêlées et nos enfants communs.

Paroles de Jean-Luc Mélenchon quand, en décembre 2001, il dévoile une stèle pour ces six ombres de lumière.

 

Nous serons encore quelques-un(e)s à maintenir leur mémoire.
Les tueurs surgiront encore. Nous leur ferons à nouveau face.

samedi, 05 mars 2022

Marcel CONCHE s'en est allé

Pour quelques heures, je délaisse Marcel Proust et ses Jeunes Filles en fleurs, James Joyce et son Ulysse.
Quelques heures, peut-être même quelques jours, pour réouvrir les Fragments d'Héraclite que Conche traduisit, les Essais de Montaigne qu'il commenta...

Marcel Conche, ouvreur de ces chemins, qui m'écrivit lettre si chaleureuse en guise merci pour mon envoi de Passay, village de pêcheurs, me fut un très précieux guide

Voici ce qu'il publiait sur la quatrième de couverture de ses Fragments d'Héraclite, livre paru en juin 1986.

Qui est le “véritable" Héraclite ? La présente édition  des Fragments de son œuvre perdue... vise à restituer autant que cela est possible la pensée même d'Héraclite, dans son unité et sa cohérence. Ce qui surgit ainsi des ruines du texte est une structure belle, un cosmos, une sorte de temple grec déployant son harmonie dans la durée. Chaque fragment apporte sa précision nécessaire ; chacun est complémentaire de tous les autres, même si quelques-uns, plus décisifs, jouent le rôle de pierres d'angle. De ce temple, profondément logique, émane un rayonnement, une sagesse, un appel, un espoir. De l'éternelle vérité, aucun philosophe fut-il dans une proximité plus grande ?
Avec Héraclite, dit Hégel, “
la terre est en vue".

 

mercredi, 23 février 2022

À la mode. L'art de paraître au XVIIIe siècle en images *

 

3---Jean-Marc-Nattier_Madame-Sophie-de-France-1.jpg                                                                                                                                                                               Des Dames de.... des Comtesses de.... des Marquises de ... des Princesses de... et un ou deux Ducs...

Ne paraissent donc que belles aristocrates et grands bourgeois fort bien portraituré(e)s.
Entre autres, Madame Sophie de France et la Princesse de Lamballe...

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Joseph-Ducreux-Princesse-de-Lamballe.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais où ? Où sont nos paysannes et paysans, nos artisans, nos aïeules et aïeux, quoi ! Celles et ceux dont nous montons.
Ah ! mais si !

Quand nous allons sortir de ce vaste cabinet, un ultime vêtement et le portrait de celui qui le porte — ce serait un représentant du Peuple en 1795.
Un parmi ces manants qui, depuis 1791, firent guillotiner les susdites et susdits dont les portraits ont accaparé, puis exacerbé mon attention une heure durant.

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Sacré clin d'œil pour conclure cet "art de paraître"

 

 

* Exposition temporaire du Musée des Arts de NANTES.

 

samedi, 12 février 2022

Ulysse, celui d'il y a cent ans

Onze cent vingt six pages de lecture folle... et toutes, depuis des années n'ont pas encore été lues.
James JOYCE achève son écriture en 1921.
Le bouquin est édité le 2 février 1922 à Paris par la librairie Shakespeare and Company fondée par Sylvia Beach.
La première traduction française a été commencée dès 1924 et fut faite par Auguste Morel, assisté par Stuart Gilbert et entièrement revue par Valery Larbaud et James Joyce.

Premiers feuilletages dans l'ULYSSE du Livre de poche, façon Hachette, vers 70, 71....
Depuis 98, dans le Folio 2830, toujours dans la traduction d'Auguste Morel.

 

et...un vieux rêve d'éducation populaire

je suis juché sur un tonneau à l'un des carrefours de la place Graslin,
et selon les jours,
près de la Cigale, près du Molière, au carrefour de la rue Voltaire
pour atteindre jusqu'au lire ultime

 

... et oui j'ai dit oui je veux bien Oui.

 

Post-scriptum :
Le titre du bouquin en anglais, ULYSSES, le titre en français, ULYSSE.
Ce S du titre anglais pourquoi disparaît-il ?
Joyce fut le co-traducteur de son œuvre. Alors ?

lundi, 17 janvier 2022

dans l'ombre des "Enfers"

C'était mon frère bien-aimé.
Échange intense de nos regards.

Il a décidé de partir dans les jours qui allaient suivre

mardi, 02 novembre 2021

après avoir vu "Mort à Venise"

En ce jour que les croyants nomment "Jour des morts".

 

Quand de quelques pas
tu t'avances en mer 
recule la mort

Ce n'est pas un adieu

 

pour ancrer nos souvenirs.

Sollicité par Brigitte sa fille, par Jean-Marc et Roger-Pierre ses fils, ces mots comme humble hommage à Roger.
Me faudra-t-il donc évoquer une enfance heureuse malgré les tumultes de la guerre, enfance qui nous lia plus comme des frères que comme des cousins, des adolescences studieuses, souvent autodidactes, une guerre d'Algérie qui nous relia, non dans le silence mais dans des interrogations sur le monde et son évolution, échanges qui se poursuivront jusqu'à ces jours en dépit des relations parfois distendues que créèrent nos métiers si différents mais qui n'empèchèrent point notre intérêt vif pour l'univers marin et les manifestations de l'art.

L'horizon à nouveau obscurci, la rage de la vie contre l'effacement de ce Visage du FRÈRE.

Et la gorge qui se noue parce que monte la mémoire de cette fraternité ensoleillée.
Parfois seuls, les mots peuvent contenir la douleur et la perte.


Je veux tirer de mon modeste sac de voyageur ce que naguère j'appris sur mes chemins d'Afrique.
Les Dogons, par des rites funéraires, brisent les outils du métier qu'exerçait le mort — pour le hausser hors du domaine terrestre, rompant ainsi les dernières attaches du défunt qui, de la qualité de "mort" passe alors au statut d'ANCÊTRE.
Ancêtre qui vient du latin antecessor, celui qui précède, d'abord attesté, non comme  lointain aïeul,  mais comme terme commun  au sens de « éclaireur ».
Les ancêtres comme des éclaireurs !
                                                                          Roger comme notre éclaireur !

Les Dogons ne sont pas loin de nous proposer une amorce de réponse, incertaine certes comme toutes les réponses, 
          qu’elles soient celles des croyants, ici présents, avec la foi et l’espérance en un au-delà, plus juste, 
          qu’elles soient celles des incroyants, présents ici, dans le désespoir et la béatitude de l’épicurien ou du stoïcien, 
           une réponse donc à l’au-delà de cette vie, à notre interrogation sur  l'immortalité .

 Et si c'était de notre ressort à nous, les encore vivants, de continuer nos morts
bien au delà du simple et pieux souvenir ? D’entretenir à travers nos enfants et les
enfants de nos enfants, la force vitale et les vertus qui animaient les actes de Roger.

À nous donc, ses proches par le sang et par l’amitié de façonner le nouveau visage de cet Ancêtre disparu mais vivant.

 René Char, le poète français, rejoignait les Dogons écrivant ceci qui, pour moi, dans l'obscur de la mort de Roger, prend encore davantage sens :

Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n’est pas le silence. Qu’en est-il alors ? Nous savons, ou croyons savoir. Mais seulement quand le passé qui signifie s’ouvre pour lui livrer passage. Le voici à notre hauteur, puis loin, devant.

René CHAR

L'éternité à Lourmarin, 
La parole en archipel

Merci,  et la mort s'étonne;

Merci, la Mort n'insiste pas;

Merci, c'est le jour qui s'en va;
Merci simplement à un homme
S'il tient en échec le glas.

René CHAR

Fête des arbres et du chasseur

Les Matinaux

 

Lu, ce lundi 20 septembre, l'avant-dernier jour de l'été,
en l'église de La Plaine-sur-mer.

 

 

 

 

 

 

 

mercredi, 15 septembre 2021

lire enfin Proust au mitan des Octantes ?

Une gageure

Un pari

Une impasse

Un remords

Une folie de vieillard insensé

 

?????

Lisons donc.

vendredi, 16 avril 2021

Donc, ne plus relire Bernard Noël ?



"Je ne crois pas du tout à la mémoire. L’oubli est plus important que la mémoire.
Écrire, pour moi, c’est se mettre en relation avec l’oubli."

 

Mort ce mardi 13 avril 2021, après Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat, il écrivit Le château de Cène, livre tout aussi fou pour enfouir — ou peut-être plutôt pour faire resurgir ? — la guerre d'Algérie.

Qu'ai-je donc écrit de trop sage sur cette même guerre ?

vendredi, 02 avril 2021

Plossu

 

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S'il n'y avait qu'une image ce serait
arpentant cette ruelle sahélienne
 cette Yseult et ce Tristan

 

samedi, 27 mars 2021

Parvenu à la quatre-vingt cinquième année

Ce 27 mars 2021,
     quand d'une Dame, s'interrogeant sur "à quelle heure déjà ?",

le 27 mars, au moins deux êtres ont, pour moi, modifié le réel, l'une en mourant en 2018, l'autre en naissant en 1936. Je fais quoi de constat ? Me dire peut-être que c'est à moi de choisir quelle modification je privilégie : la vie ou la mort ? l'absence ou la présence ? La réponse fluctue parfois sans mon consentement. Alors juste me dire que la vie est immanquablement le tissage des deux.

me parvient un si doux et tant douloureux constat, je ne puis que penser cette quinzaine d'années, et peut-être quelques-unes de plus, qui se dessinent à l'incertain horizon de ce beau et ultime printemps lointain.

17:02 Publié dans Les graves | Lien permanent | Commentaires (0)