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jeudi, 02 mai 2019

Côtes américaines du Pacifique —V

Le dimanche 2 mai 1999
à 17 h 30 heure locale


par 08°56,08 Nord et 79°33,18 Ouest
sur ancre au Yacht Club de Balboa (Panama)

 

Soixante-six jours de mer depuis les Marquises

balboa002.jpg

C'est le lendemain, mais c'est bien vrai ! Et ce n'est pas encore fini.

 

mardi, 30 avril 2019

Côtes américaines du Pacifique — IV

 

Le vendredi 30 avril 1999
longeant les côtes de Panama
par 07°10,29 Nord et 81°48,22 Ouest

Montuosa001.jpg

Longeant la côte panaméenne, au matin, par le travers de la route, à  3 milles dans l'est,
l'île de Montuosa, une sorte d'Irus ou de Logoden — mes îles du golfe du Morbihan — plus élevée, équatoriale, l'ÎLE PACIFIQUE, quoi !
Après le grand et splendide désert Pacifique, comme une nostalgie.

À 16 h 15, nous arrondirons l'Isla Jicarita. Deux nuits encore, et à 130 milles, la punta Mala parée, s'ouvrira le golfe de Panama !

 

samedi, 27 avril 2019

Côtes américaines du Pacifique — III

 

Le mardi 27 avril 1999,

par 09°52,06 Nord et 85°30,71 Ouest
mouillés dans l'est de la Bahia Samara (Costa-Rica)

 

GoogleEarth.jpg

Au matin, nous avons jeté l'ancre dans l'est de la Bahia Samara. L'urgence, c'était de commander — ou de faire commander — au chantier Fountaine-Pajot une martingale qui pourrait être envoyée au port de Balboa, le "versant Pacifique" du canal de Panama et réceptionnée à notre arrivée. Nous sommes alors à plus de 600 milles nautiques de Balboa que nous devrions atteindre en 4 ou 5 jours.
Xavier estimait que le téléphone était plus sûr que la liaison radio avec Monaco-Radio toujours aléatoire et liée à des conditions météo favorables ou non à la propagation des ondes courtes.
Au petit matin, pilotant à vue, — nous n'avions point de carte de détail et "Google Earth" n'existait pas encore (?), — nous avons mouillé en face de ce qui nous paraissait — et qui l'était — un village-vacances. Fort bien accueillis par la direction du village, le coup de fil technique fut passé, prolongé de plusieurs autres communications plus intimes.

À 18 h 30, l'ancre fut levée.

 

 

vendredi, 26 avril 2019

Côtes américaines du Pacifique — II

 

Le lundi 26 avril 1999, en soirée

par 10°08,58 Nord et 86°27,38 Ouest
à une vingtaine de milles au large du Costa-Rica

 

Dans le sud-ouest de notre route, surgissant par trois fois de la surface océane,
la Raie Manta.
Superbe envol...cinq secondes...dix secondes, elle plonge.
Elle resurgit. Poursuit-elle ? Est-elle poursuivie ?
La beauté et la puissance.

Les premières raies Manta, c'était dans le lagon de Bora-Bora.
Paisibles ébats sur les fonds de sable.

Mais là, ce triple surgissement blanc et noir, ce vol suspendu !

Oubliés les avatars de la martingale : le brêlage promptement assuré par Xavier et Mathieu fut du bon travail.
Qu'il tienne jusqu'à Balboa. Nous songeons à une escale costa-ricaine pour passer commande à La Rochelle d'une martingale neuve. Le téléphone sera plus sûr moyen.

 

 

jeudi, 25 avril 2019

Côtes américaines du Pacifique — I

 

 

Le dimanche 25 avril 1999, à 07 h00 locale
Largué le ponton depuis 10 jours
à 950 mn d'Acapulco
à 600 de Panama

par 10°26,03 Nord et 87°25,02 Ouest
à une vingtaine de milles au large du Costa-Rica

La martingale qui assure l'étai nous lâche au petit matin.
Au soir, ratés dans les moteurs, réservoirs de gazole sans doute encrassés.

Le comble, quoi !

dimanche, 14 avril 2019

Pacifique — XI

 

 

Le mercredi 14 avril 1999, à 07 h00 locale
Quarante-huitième jour de mer depuis Hua Hauka aux Marquises


par 16°48,01 Nord et 99°54,25 Ouest
en rade d'Acapulco.


 

 

samedi, 13 avril 2019

Pacifique — X

 

 

Le mardi 13 avril 1999, à 12 h00 TU
Quarante-septième jour de mer depuis les Marquises,
par 15°43,4 Nord et 101°04,2 Ouest

à 93 milles nautiques d'Acapulco.

«...lorsque les hommes en voyage disputent des choses de l'esprit adossés en chemin à de très grandes jarres...»

lisant Saint-John Perse
Amitié du Prince, I,

 

quand proches s'annoncent les rivages d'Amérique.

 

jeudi, 11 avril 2019

Pacifique — IX

 

Le dimanche 11 avril 1999, à 7 h00 TU
Quarante-cinquième jour de mer depuis Hua Hauka,
par 13°38,00 Nord et 104°14,5 Ouest

à moins de 400 mn d'Acapulco.
Temps calme, longue houle.

Soudain, dans notre suet, à 11 h, rompant la ligne bleu de l'horizon, une tache blanche.
Notre troisième bateau !

Ce fut L'ATALANTE, l'un des navires français de l'IFREMER.

Atalante002.jpg

Quand nous nous fûmes identifiés, il se dérouta, nous offrit les cents litres de gazole qui nous assuraient les 400 milles nautiques restants, une photocopie qu'ils tirèrent de la carte marine de la baie d'Acapulco et surtout, surtout, les chaleureux sourires d'un équipage de marins et de chercheurs, quasi tous rassemblés sur le pont de l'Atalante, "amusés " par ces trois voileux Nantais en goguette entre les Marquises et le Mexique, qui arboraient à babord de leur catamaran le "Gwenn ha Du", ce bon vieux pavillon breton.
Cette rencontre, l'une des plus fortes, que nous aurons vécue, n'aura point fait mentir la devise des armes de notre ville de Nantes :


Neptunus favet eunti
Neptune favorise celui qui part.

mardi, 09 avril 2019

Pacifique 99 — VIII

 

 

Le vendredi 9 avril 1999, à 7 h00 TU
Quarante-troisième
jour de mer depuis les Marquises,                                                                           par 12°35,00 Nord et 106°39,4 Ouest

à 465 mn d'Acapulco,
à 2 377 mn des Marquises
à 3 120 mn de Tahiti.

Depuis Clipperton, nous sommes dans un chaudron à grains,
vents à plus de 20 nœuds, rafalesà 30. Le 7, la têtière de grand'voile s'est déchirée.
Météo plus calme depuis la veille.

Je ne sais plus quand le congélateur nous a lâché.
Ni depuis quel jour, les vivres sont comptées : un jour, graine de couscous avec sauce tomate à la Xavier;  le deuxième jour, riz avec sauce tomate à la Mathieu;  le troisième jour, pâtes avec sauce tomate à la Jacques; et ainsi jusqu'à....

Pour maîtriser "l'impatience du quai", lire et écrire comme par exemple : « L'absurde de s'imposer des tensions de quelque ordre qu'elles soient... Seul projet : vivre paisiblement, c'est-à-dire, chaque jour l'un après l'autre ».
Réflexion de sexagénaire ! Mes compagnons ont quarante ans de moins...

jeudi, 04 avril 2019

Pacifique 99 — VII

 

Le dimanche 4 avril 1999, à 9 h TU

Trentième-huitième jour de mer depuis les Marquises,                                                                           par 10°03 Nord et 109°35 Ouest                                                                                                            à 695 mn d'Acapulco.

... et à 20 mn dans le nord de Clipperton que nous ne verrons point.

Depuis le 27 mars, nous faisons donc route sur Acapulco.
Les 31 mars, 1er et 2 avril, des bancs de dauphins.
Lointains jusqu'à l'horizon, puis proches, si proches entre les deux coques du catamaran
que Xavier et Mathieu plongent parmi eux.

Temps bouché à grains.
À demi-nus pour intervenir dans la pluie et les vents.
Mathieu nous nomme  "les mercenaires des grains".

Nous serions le Dimanche de Pâques !

 

 

lundi, 01 avril 2019

Pacifique entre VI & VII

lisant de René CHAR, Partage formel

 

...une éternité de tenailles...
                    ...qui va nue sur ses pieds de roseaux sur ses pieds de caillou...
                                             ...en laines prolongées...
...en aurore artérielle...
                  le poète étend sa santé chaque jour
                                  ...ayant tes lèvres pour sagesse et mon sang pour rétable...
...orages pélerins...
                     ...le Visage de l'échange...
                                                 la pastorale des déserts


                                       l'exégèse des dieux puissants et fantasques
derrière cette persienne du sang brûle le cri


                                la voix de ses fontaines


               les clefs accourues dans sa main
                                                   tirer parti de l'éternité d'une olive
    Toute respiration propose un règne
              le retour éternel de l'entêté portefaix passeur de justice


                                                      cette fourche de vapeur qui tient dans l'air
...suivant l'allée de la vigne commune...
                               avec la Femme à son côté s'informant du raisin rare
                                                                 ...soleil et nuit dans un or identique
                                  ce n'est pas la mort université suspensive
      ...soucieux du recueil de l'azur
                                      ...l'aisance redoutable du sommeil
            ...jusqu'au soir qui complète l'amour


                                              ...ce rameau du premier soleil
... De ta fenêtre ardente...
                                    les lisses épargnants du sommeil
                                                           Ô urne de laurier dans un ventre d'aspic.


bribes de beauté recueillies
dans l'ouest de Clipperton,
par 9°18,2 de latitude Nord
et 111°53,12 de longitude Ouest

après plus de trente jours de mer.

jeudi, 28 mars 2019

Pacifique 99 - VI

 

Le  27 mars 1999, à 9 h TU

 Trentième jour de mer depuis les Marquises,                                                                                       par 5°00,00 Nord et 113°12,30 Ouest                                                                                                   à 1424 mn des Galapagos.

 À 14 H 00, notre deuxième cargo faisant route au sud-est

Vent léger d'est, si léger que nous décidons de faire cap au nordet, sur Acapulco, à un peu moins de 1 000 mn.

 Le soir, Xavier et Mathieu ont préparé un petit festin pour fêter mes 63 ans.

 

Trente ans plus tard,

je fête mes 83 ans, accompagné de Noémie, ma petite-fille qui, jour pour jour ce 27 mars 2019, célèbre ses 23 ans, en vivant la plus brève traversée maritime de ma vie de "voileux", - 1/4 d'heure de navette entre le quai Laubeuf du vieux port de Cannes et le débarcadère de la plus grande des deux îles de Lérins, Sainte-Marguerite... Léger regret de n'avoir point choisi Saint-Honorat et son monastère cistercien.

 

 

 

 

mardi, 26 mars 2019

Pacifique 99 - V

le 24 mars 1999, à 6 heures

Au vingt-septième jour de mer, par 0°5,05 Nord et 114°41,4 Ouest.

À la cape. La vieille, le génois s'est déchiré sous un grain en début de nuit. Xavier et Mathieu, paumelles en main,  aux coutures..

À 11 heures, on fait route au Nordet.

15 heures : les voileux siestent. À bâbord, une masse sombre, comme un écueil. Je me rapproche. À vingt mètres, par mon travers, "l'écueil" redresse sa tête : la tortue regarde avec une certaine insistance l'incongruité de cet engin qui la dépasse.

Nous sommes à plus de 1 400 mn des Galapagos. Les Marquises à plus de 2 000 mn dans notre Ouest.

Et là, lente et sereine, à quelques brasses, cette VIVANTE !

jeudi, 21 mars 2019

Pacifique 99 — IV

 

 Le 19 mars 1999, à 8 heures

Vingt-et-unième jour de mer depuis Ua Huka

Par 0°27,15 Sud et 115°28,9 Ouest
à 1 469 mn des Galapagos.

 

À 17 heures 55, nous franchissons l'Équateur,
par 0°00,00 et 115°16 Ouest
à 2 250  mn de Panama

Vent léger de Est-Sud-Est

 

dimanche, 17 mars 2019

Saluer un ouvrier typographe



Bruno Savin.


Nous sommes son dernier Livre.
Nous, ces cinquante, soixante femmes et hommes qui, depuis trente ans, avions amassé, recueilli, transcrit des pans entiers de la vie d'une communauté de pêcheurs et de survenus, au bord de ce lac.

Nous certes, et aussi, nos compagnons du Centre de l'histoire du travail de Nantes qui nous proposaient, vingt ans après, la réédition de cet ouvrage À Grand-Lieu, un village de pêcheurs — Passay se raconte.


Depuis L'aubépine de mai en 1988 jusqu'à ce mai 2018, ce fut une belle tâche où, au bas de l'ultime page, s'inscrivait, dans la modestie coutumière qu'exige le labeur de l'imprimeur :

Typographie, traitement des images et mise en pages
no-et-no

Bruno Savin, Nolwen Couëtoux


Me reviennent toujours, lors des funérailles auxquelles je participe, les coutumes de ces Dogons du Mali qui, pour faire accéder le mort au statut d'ancêtre "vivant" brisent l'outil de travail du défûnt.

Pour Bruno, il eût été difficile de briser un bas-de-casse ou un clavier... 


Quand se refermaient sur une chanson de Georges Brassens, les portes qui allaient nous dissimuler Bruno, j'ai rêvé d'un aller sur le lac — nous lui avions promis de l'y emmener avec nos compagnons pêcheurs — emportant son "dernier livre", le nôtre, pour disperser au gré du vent et des eaux les deux-cent-quatre-vingt feuillets de son dernier labeur.

Mais ce n'était qu'un rêve.

 

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