jeudi, 04 octobre 2007
Je continue de m’instruire
Voilà enfin achevée la seconde rénovation de la Basse Bouguinière ; le peintre a enlevé ses échelles et autre échafaudage.
Une année aura été nécessaire, mais ce qui vient d’être fait nous mènera bien encore aux trente ans qui s’annoncent — je ne doute de rien quant à ma longue vieillesse !

la Basse Bouguinière, 30 ans après sa première rénovation
Le jardin a rétréci, mais la “librairie” a un bel escalier et je continue de m’instruire.
Avant-hier, inscription à l’Université Permanente, dans les locaux des anciens Chantiers de la Loire, près des grandes Machines Nantaises - vous avez bien entendu parlé des suites de Royal de Luxe, de l’Éléphant, des Anneaux de Buren, d’Estuaire 2007 et du Hangar à bananes, d'où de trop beaux jeunes gens, hélas, partent, ivres, se noyer en Loire.
Naguère — enfin, jadis — pour moi, il y avait “le” Pont-Transbordeur, et là où le père construisait des bateaux, le fils vient y faire du Grec.*
Je me suis promis une meilleure assiduité. Enfin ! l'an écoulé, j’avais quelques excuses : un trou béant en place du vieil escalier, des bâches plastiques sur les rayons de livres, l’inaccessibilité au “ Bailly” et le petit “Mac”, sa LiveBox et son imprimante descendus dans la salle de séjour.
Donc, du Grec et un soupçon — six séances — d’approche architecturale autour du Palais de Justice, le nouveau, celui de Jean Nouvel et du Passage Pommeraye, l'ancien, de Jean-Baptiste Buron et Hippolyte Durand-Gasselin : le XIXe et le presque XXIe siècle confrontés !
Et puis, pour persévérer dans les lieux branchés — parfois le petit Nantais du marché Talensac se demande ce qu’il vient y foutre — l’Université Pop’ (sic) du Lieu Unique (l’ancienne biscuiterie LU) et ses cours de littérature contemporaine gérés par Bruno Blanckeman de l’Université de Haute-Bretagne, un homme à la belle gestuelle un tantinet ecclésiastique, à la diction fort précieuse, aux “hein !” subtilement glottés, qui renvoie dos à dos Tzvetan Todorov qui déplore la disparition de la littérature, et les tenants de la Littérature-Monde — Le Bris, Rouaud et les Antillais qui “claironnent la vitalité retrouvée” de cette même littérature, Blanckeman, lui, se contentant d’habiller de mots neufs — littérature consentante/littérature résistante — le vieux, très vieux, conflit entre bonne et mauvaise littérature, tout en faisant glousser les belles vieilles rombières du Lieu Unique, — j’en suis un des vieux fourbes —, sur "Alexandre Nothomb et Amélie Jardin, sur Max Réza et Yasmina Gallo" (à moins que ce ne soit Alexandre Réza, Amélie Gallo, Max Nothomb et Yasmina Jardin, je ne sais plus ! À votre guise !) et les retours "polnarefiens"de littérateurs "qui montrent leur vécu à tous les passants" (sic).
Bref ! Un beau menu avec Didier Daeninck, Jean-Marie Gustave Le Clézio, Jacques Jouet, Linda Lê, Olivier Rolin, Assia Djebar, Pierre Guyotat et quelques autres... un bref passage de Pascal Quignard qui s’était abstenu, l’an dernier et... un “arrêt sur ouvrage” d’un certain Mark Z. Danielewski traduit par un non moins incertain Claro...
De quoi satisfaire mes plaisirs de lutte contre l’érosion de la langue, de déconstruction et reconstruction des formes, de confrontation à l’obscur, “le tâtonnement expressif” de mon “éveilleur d’échos” de la semaine dernière, Michel Chaillou, homme toujours en avant, “pas encore mort, pas encore très âgé et pas trop souffrant”, dirait le professeur Blanckeman.
Assia Djebar et Pierre Guyotat, qui viendront nous rendre visite, m’auraient largement comblé et le professeur ci-dessus cité est, au-delà de son brillant, un homme de littérature fort perspicace !
Suffirait que notre bon professeur de Grec ancien, plus qu’excellent helléniste, veuille mettre un peu plus d’andragogie (pédagogie des adultes, vue du Québec)) dans sa méthode pour que je puisse me dire :
« Décidément, je m’offre une belle année. »
* Affirmation dite et redite...
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mercredi, 19 septembre 2007
place du Peuple... dite Royale
Je puis enfin me réapproprier "ma" place Royale — place du Peuple... en 1968 — libérée de son échafaudage qui ne la réservait qu'à quelques-un(e)s , celles et ceux qui se soumettaient à une queue d'attente, ou pire, au droit de péage nocturne.
Petite infamie municipale, subventionnée entre autres par Total !
06:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 juillet 2007
blogue chaotique...
Dac'hlmat, avec son équipage féminin — petites-filles, mère, grand-mère — et le "vieux marin", largue à nouveau pour quinze jours, soleil ou pas soleil.
Mais sur mer !
Le comique de la Biennale de l'Estuaire s'augmente : le Canard crevé qui n'a jamais pu flotter, la maison gîtée qui ne pouvait que couler... Les commanditaires avaient-ils oublié qu'avec un mécène comme Total c'était le mieux qui pouvait leur arriver.
Seule, la première ÉLUE de ma petite commune, vice-présidente du conseil générale et grand cœur rebelle, a eu le courage de mettre en lumière l'ambiguité de ce partenariat.
«...Je persiste à penser qu'à cause de l'Érika, nous aurions dû refuser cet argent-là pour Estuaire 2007. Par principe. Pour que tout ne soit pas brouillé. parce qu'on a pas besoin des "bonnes œuvres" de TOTAL, mais d'entreprises respectueuses des hommes, de la planète, de leur parole. »
Merci, Françoise !
On aurait souhaité une telle lucidité de la part de monsieur Jean Blaise, patron du Lieu Unique et grand ordonnateur de cette Biennale de mauvais bricolages que d'aucuns — ils y croient dur comme fer — veulent transmuer en ratages qui auraient pu être — paraît-il ? — extraordinaires ! À propos de ce mécénat,sur FR 3, le dit Blaise s'était emberlificoté dans des arguties aussi épaisses et noirâtres que les plaques de fioul qu'il n'alla, en 1999, sans doute jamais ramassées .
Dans le grand "raout" organisé autour de Char à Avignon — vaguement entendu, lundi dernier, chez Lebrun, des bégaiements sur les Feuillets d'Hypnos —, publier la lettre si sobre de Camus ne pouvait susciter de ma part que silence.
Monsieur Terzieff, revenez-nous donc vite avec votre René Char en poche !
16:35 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 29 mai 2007
ma ville en deça de l'insignifiance
Entre le 1er juin et le 1er septembre, "On" fêterait l'Estuaire ?
Entre Nantes et l'océan, quelques insignifiances bien en deça de la petite pissoire de Duchamp...
Sans mentionner les avatars hérités d'un Royal de Luxe à l'imaginaire bricoleur exsangue.
Vivement le 2 septembre !
La beauté du Fleuve nous sera enfin rendue.
23:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 28 février 2007
le peintre en écho au poète

Alberto GIACOMETTI, La Femme au serpent
- René Char, Manuscrits enluminés par des peintres du XXe siècle, Bibliothèque Nationale, 1980.
Pour une suite au IIIe Fascinant, le Serpent.
Prince des contresens, exerce mon amour
À tourner son Seigneur
....Je rêve le dessin, je rêve les mots.....
12:05 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 09 janvier 2007
virée de Gascogne
Retour de Gascogne, jusqu'aux frontières de son extrême sud-est chez l'ami du Lycosthenes.
Quelque lassitude et une contrariété : une belle poutre de chêne qui, après sablage, avait retrouvé son doux bois blond, se retrouve peinturlurée d'une laide lasure qui la transforme en traverse de chemin de fer...
Lassitude donc de ce chantier qui s'étire depuis quatre mois. Le tout donne des notes rares.
Allez donc lire l'aventure énigmatique du Lycosthenes : Étienne est mon ami d'adolescence. Il défendait Voltaire, je plaidais pour Rousseau. Nous échangions "en douce" de vieux bouquins d'anthologie sur les poètes symbolistes.
Comme les Apophtegmes du Lycosthenes, à la page de titre marquée "LP" liber prohibitis.
Si vous ne craignez point l'aridité érudite, entrez dans les méandres du "scripteur". Étienne y déplie l'horizon d'un sacré lecteur. Et certains vieux montaigniens aux fesses "engourdies" ne savent pas trop sur quels "trhônes"* poser leur cul.
Achevez, pour apaiser vos yeux, par le blogue d'Al qui ouvre l'espace de la peintresse dont les photos allègent parfois les notes de ce blogue-ci.
* à lire dans le Trésor de la langue française... et dyslexie montaignienne avérée.
Post-scriptum :`
Sur l'invention des Apophtegmes du Lycosthenes annotés, un article de trois pages, signé J.B. Harang dans le LibéLivres du... 15 juin 1989 et une communication d'Étienne, dans le numéro de la revue EUROPE, consacré à Montaigne en ...1990, lisible sur le site du Lycosthenes.
Passionnés de Montaigne aux archives !
20:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nq
lundi, 02 octobre 2006
l'une pisse, l'autre chie... et c'est beau !
Plus poliment :
« L'une urine, l'autre défèque », mais c'est moins beau !
En me préparant à suivre un atelier de quatre soirées autour de Pascal Quignard, au Lieu Unique* — un peu pour apprendre et beaucoup pour échanger —, j'ai rouvert La Frontière. Il me fut aisé de faire remonter à ma mémoire un autre auteur, deux peintres et une photographe.
Je ne commente point. Cependant, cet moment trivial dans l'un et l'autre récit est un événement fondateur qui détermine le parcours à venir du héros, sinon de l'héroïne !
Le hasard voulut qu’il vit une jeune femme qui s’approchait en hâte dans l’obscurité. Monsieur de Jaume se cacha aussitôt derrière un grand camélia.
La femme s’approcha des feuillages d’un laurier et s’accroupit soudain dans un grand bruit de jupes froissées. Elle tourna un visage anxieux vers la façade intérieure du palais et Monsieur de Jaume reconnut aussitôt que c'était Mademoiselle d'Alcobaça qui s'était accroupie.
Elle releva davantage ses jupes en poussant un soupir.
Le visage de Mademoiselle d'Alcobaça rayonnait. Les seins et le front rond étaient dorés. Les cheveux noirs se répandaient sur ses épaules et se relevaient ensuite vers le cercle de perles blanches qui les retenaient. Ses lèvres étaient deux taches de rouge et formaient elles-mêmes un arc de cercle tandis qu'elle poussait une part d'elle qui retombait sur la terre.
Monsieur de Jaume resta dans l'ombre du camélia alors que Mademoiselle d'Alcobaça se redressait et rajustait l'apparence de sa robe. Son esprit ne put plus se défaire de ce spectacle qu'il avait surpris. Il prit conscience que la petite enfant qu'il avait connue était devenue une femme, que ses fesses étaient très belles et robustes et qu'il la désirait.
Pascal Quignard, La Frontière, 1992

J'entendis venir de loin une voiture lourde, à petit train ; je me cachai et me tins coi : le plein soleil frappait la route et j'étais là dans l'ombre à regarder cette route au soleil, pas plus haut que la terre, invisible. A dix pas de moi et de mes porcs dans la lumière de l'été un carrosse s'arrêta, peint, chiffré, avec des bandes d'azur ; de cette caisse armoriée jaillit une fille très parée qui riait, elle courut comme vers moi ; elle m’offrit ses dents blanches, la fougue de ses yeux ; toujours riant elle se suspendit à la limite de l'ombre, résolument me tourna le dos, un interminable instant elle se campa dans ce soleil marbré de feuilles où flambèrent ses cheveux, ses jupes d'azur énorme, le blanc de ses mains et l'or de ses poignets, et quand dans un rêve ces mains se portèrent à ses jupes et les levèrent, les cuisses et les fesses prodigieuses me furent données, comme si c'était du jour, mais un jour plus épais ; brutalement tout cela s'accroupit et pissa.Je tremblais. Le jet d'or au soleil sombrement tombait, faisait un trou dans la mousse. La fille ne riait plus, tout occupée à serrer haut ses jupes et sentir d'elle s'évader cette lumière brusque ; la tête un peu penchée, inerte, elle considérait le trou que cela fait dans l'herbe. La défroque d'azur lui bouffait à la nuque, craquante, gonflée, avec extravagance offrant les reins. Dans le carrosse, dont la porte peinte battait encore un peu tant la pisseuse l'avait allègrement poussée, il y avait un homme accoudé, en pourpoint de soie défait, qui la regardait. Il avait autant de dentelles à son col qu'elle en avait aux fesses...
Pierre Michon, Le Roi du bois, 1996
Le premier tableau est de Rembrandt,
la photographie de Sophy Rickett — elle fut exposée, il y a quelques années, au Musée des Beaux-Arts de Nantes —, (je la pose là, comme un contre-point ),
le second tableau est de Picasso.
* Les cours de l'Université Pop'littérature seront diffusés sur la radio web de France Cul, dans "Les sentiers de la création".
Les ateliers autour de Quignard auront lieu les 11,18, 25 octobre et 8 novembre 2006.
13:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 24 juin 2006
seins de sainte
Que seraient devenues les méditations lactées de Bourdaily on the web, si à l'icône moyen-âgeuse de Bernard de
Clairvaux s'abreuvant au virginal sein, j'avais substitué le plateau sanguinolent de Sainte Agathe aux seins coupés.
Quoique - salut, Devos ! - avec ce diable d'homme qu'est JCB, sait-on en quel lieu de perdition, il nous eût entraîné(e)s ?
C'était le 16 juin dernier, la note de Langue sauce piquante, à propos du mot démotivation.
Décidément, comme le laissent pressentir nos correcteurs préférés, l'auréole ne vaut pas l'aréole.
Le tableau de Zurbaran, Sainte Agathe présentant ses seins sur un plateau, est au Musée Fabre de Montpellier. Le geste pseudo-zygodactyle n'est pas esquissé !
Post-scriptum : (qui n'a rien à voir avec ce qui précède, comme écrirait Delfeil de Ton).
Une belle et pertinente note de JCB à propos de l'enfer de la blogosphère en date du jeudi 22 juin. J'étais trop dans le spleen des vieillards et pas du tout "dans le coup" de ce qui se postillonnait dans les commentaires chez Berlol. Ça m'a navré.
De quoi, parfois donner raison à madame Élizabeth Lévy qui, dans son ton habituel, paraît pratiquer un dédain certain de la blogosphère et qui, dans son émission de ce jour, Le premier pouvoir, reprenant les termes d'un de ses invités, nomme les blogueurs "des citoyens de base". Des "basiques", disait l'invité.
16:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 09 juin 2006
Un matin sans images... et pourtant
Ce matin, mieux vaut les doux délires machistes sur l'Origine du Monde que les graves commentaires boursiers sur la gueule assassinée de Abou Moussab Al-Zarqaoui !
09:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 mai 2006
espèce de jarfloramer

« ...Duchamp (ayant) décrèté au début du XXe siècle que c'était l'artiste lui-même qui décidait d'attribuer à un objet le statut de l'art...»
Yves Michaud, philosophe
in Le Monde de ce jour.
Je n'étais point né au tout début du XXe et je ne suis pas "l'artiste lui-même".
Donc n'importe quoi d'assez agréable au hasard du regard !
En ajoutant un divertimento de Mozart, pour l'ouïe. L'odeur des fleurs de seringas dans le vent, pour l'odorat et la finesse des fleurs d'acaccia dans le croquant des beignets de Ja, pour le goût !
Un bel après-midi de mai dans le printemps "aigre", écrirait Gracq.
19:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






Je tremblais. Le jet d'or au soleil sombrement tombait, faisait un trou dans la mousse. La fille ne riait plus, tout occupée à serrer haut ses jupes et sentir d'elle s'évader cette lumière brusque ; la tête un peu penchée, inerte, elle considérait le trou que cela fait dans l'herbe. La défroque d'azur lui bouffait à la nuque, craquante, gonflée, avec extravagance offrant les reins. Dans le carrosse, dont la porte peinte battait encore un peu tant la pisseuse l'avait allègrement poussée, il y avait un homme accoudé, en pourpoint de soie défait, qui la regardait. Il avait autant de dentelles à son col qu'elle en avait aux fesses...