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Rimbaud

Toi
l’homme aux semelles de vent
ne t’être jamais défait de ce visage adolescent

la main énorme qui trace
des illuminations des enfers des saisons des stupres

Ulysse de piétaille
dans la solarisation de tes trop rares images

la besace aux manuscritsrimbauda.gif
la Commune
la douteuse nuit du viol
et le visage du Faune derrière ton épaule,

te voir marchant
allongeant ta foulée de piéton
piéton dans la boue des Ardennes
piéton dans les rues de Paris
piéton dans les brouillards de Londres
dans les schistes de Chypre

tu désertes

mais toujours et encore piéton
dans l’aigu des pierrailles d’Érythrée
dans l’acéré des épineux d’Abyssinie
en flammes ta beauté adolescente
consumée par le soleil et le lucre
éteintes les aubes
closes les villes ardentes

tu n’es plus que ce brancard
brinquebalant de douleur
dévalant des somalies oubliées

demeurent ces pages indéchiffrables en leur immensité
pour des jours et des jours

demeurent des mots énormes
que je tais dans mes contrées silencieuses

à la lumière de chacun de tes visages
aux âges brefs de ta vie
réinventer à chaque aurore
l’insoumission et la bonté.



RIMBAUD
sur le portrait de Carjat,
redessiné par Pignon-Ernest-Pignon

Écrit par grapheus tis Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Superbe !

Écrit par : noelle | lundi, 18 juin 2012

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Voici un poème qui a rendu 1 autre poète triste -
Un poète qui vit à l'autre bout du monde à Los Angeles,
Je lui ai dit ne soit pas triste
Nous portons le flambeau des poètes
Peut-être qu'1 jour aussi Rimbaud a dit à Verlaine :
'J'aime ton poème, il est triste ! ''

Mon cœur bat doucement mais toujours enflammé
D'atomes oscillant entre douleur et rire
Des tonnes de désir dans l'écume d'écrire
Ce singulier amour qui survient affamé ___

Le ciel gris et bas l'océan malmené
Nos deux corps oubliés dans l'encre d'1 sourire
Partagés du chagrin au pouvoir de détruire
Ce silence rageur goutte à goutte égrené___

Sur des mots interdits entachés d'amertume
D'1 cri sans châtiment j'ai emprunté la plume
De ce pluvian moqueur au si modeste cœur

Ô las d'être en espoir du chercheur sans lumière
D'ici-bas l'illusion souffle sur l’incendiaire
Urgence d'être aimée sans vaincu ni vainqueur ___

Écrit par : Curare- | samedi, 28 février 2015

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