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mardi, 09 janvier 2007

virée de Gascogne

Retour de Gascogne, jusqu'aux frontières de son extrême sud-est chez l'ami du Lycosthenes.
Quelque lassitude et une contrariété : une belle poutre de chêne qui, après sablage, avait retrouvé son doux bois blond, se retrouve peinturlurée d'une laide lasure qui la transforme en traverse de chemin de fer...
Lassitude donc de ce chantier qui s'étire depuis quatre mois. Le tout donne des notes rares.

Allez donc lire l'aventure énigmatique du Lycosthenes : Étienne est mon ami d'adolescence. Il défendait Voltaire, je plaidais pour Rousseau. Nous échangions "en douce" de vieux bouquins d'anthologie sur les poètes symbolistes.
Comme les Apophtegmes du Lycosthenes, à la page de titre marquée "LP" liber prohibitis.

Si vous ne craignez point l'aridité érudite, entrez dans les méandres du "scripteur". Étienne y déplie l'horizon d'un sacré lecteur. Et certains vieux montaigniens aux fesses "engourdies" ne savent pas trop sur quels "trhônes"* poser leur cul.

Achevez, pour apaiser vos yeux, par le blogue d'Al qui ouvre l'espace de la peintresse dont les photos allègent parfois les notes de ce blogue-ci.

* à lire dans le Trésor de la langue française... et dyslexie montaignienne avérée.

Post-scriptum :`
Sur l'invention des Apophtegmes du Lycosthenes annotés, un article de trois pages, signé J.B. Harang dans le LibéLivres du... 15 juin 1989 et une communication d'Étienne, dans le numéro de la revue EUROPE, consacré à Montaigne en ...1990, lisible sur le site du Lycosthenes.
Passionnés de Montaigne aux archives !

20:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nq

lundi, 02 octobre 2006

l'une pisse, l'autre chie... et c'est beau !

Plus poliment :
« L'une urine, l'autre défèque », mais c'est moins beau !

En me préparant à suivre un atelier de quatre soirées autour de Pascal Quignard, au Lieu Unique* — un peu pour apprendre et beaucoup pour échanger —, j'ai rouvert La Frontière. Il me fut aisé de faire remonter à ma mémoire un autre auteur, deux peintres et une photographe.
Je ne commente point. Cependant, cet moment trivial dans l'un et l'autre récit est un événement fondateur qui détermine le parcours à venir du héros, sinon de l'héroïne !


Le hasard voulut qu’il vit une jeune femme qui s’approchait en hâte dans l’obscurité. Monsieur de Jaume se cacha aussitôt derrière un grand camélia.
La femme s’approcha des feuillages d’un laurier et s’accroupit soudain dans un grand bruit de jupes froissées. Elle tourna un visage anxieux vers la façade intérieure du palais et Monsieur de Jaume reconnut aussitôt que c'était Mademoiselle d'Alcobaça qui s'était accroupie.
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Elle releva davantage ses jupes en poussant un soupir.
Le visage de Mademoiselle d'Alcobaça rayonnait. Les seins et le front rond étaient dorés. Les cheveux noirs se répandaient sur ses épaules et se relevaient ensuite vers le cercle de perles blanches qui les retenaient. Ses lèvres étaient deux taches de rouge et formaient elles-mêmes un arc de cercle tandis qu'elle poussait une part d'elle qui retombait sur la terre.
Monsieur de Jaume resta dans l'ombre du camélia alors que Mademoiselle d'Alcobaça se redressait et rajustait l'apparence de sa robe. Son esprit ne put plus se défaire de ce spectacle qu'il avait surpris. Il prit conscience que la petite enfant qu'il avait connue était devenue une femme, que ses fesses étaient très belles et robustes et qu'il la désirait.

Pascal Quignard, La Frontière, 1992

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J'entendis venir de loin une voiture lourde, à petit train ; je me cachai et me tins coi : le plein soleil frappait la route et j'étais là dans l'ombre à regarder cette route au soleil, pas plus haut que la terre, invisible. A dix pas de moi et de mes porcs dans la lumière de l'été un carrosse s'arrêta, peint, chiffré, avec des bandes d'azur ; de cette caisse armoriée jaillit une fille très parée qui riait, elle courut comme vers moi ; elle m’offrit ses dents blanches, la fougue de ses yeux ; toujours riant elle se suspendit à la limite de l'ombre, résolument me tourna le dos, un interminable instant elle se campa dans ce soleil marbré de feuilles où flambèrent ses cheveux, ses jupes d'azur énorme, le blanc de ses mains et l'or de ses poignets, et quand dans un rêve ces mains se portèrent à ses jupes et les levèrent, les cuisses et les fesses prodigieuses me furent données, comme si c'était du jour, mais un jour plus épais ; brutalement tout cela s'accroupit et pissa. medium_pisspic.jpgJe tremblais. Le jet d'or au soleil sombrement tombait, faisait un trou dans la mousse. La fille ne riait plus, tout occupée à serrer haut ses jupes et sentir d'elle s'évader cette lumière brusque ; la tête un peu penchée, inerte, elle considérait le trou que cela fait dans l'herbe. La défroque d'azur lui bouffait à la nuque, craquante, gonflée, avec extravagance offrant les reins. Dans le carrosse, dont la porte peinte battait encore un peu tant la pisseuse l'avait allègrement poussée, il y avait un homme accoudé, en pourpoint de soie défait, qui la regardait. Il avait autant de dentelles à son col qu'elle en avait aux fesses...

Pierre Michon, Le Roi du bois, 1996


Le premier tableau est de Rembrandt,
la photographie de Sophy Rickett — elle fut exposée, il y a quelques années, au Musée des Beaux-Arts de Nantes —, (je la pose là, comme un contre-point ),
le second tableau est de Picasso.


* Les cours de l'Université Pop'littérature seront diffusés sur la radio web de France Cul, dans "Les sentiers de la création".
Les ateliers autour de Quignard auront lieu les 11,18, 25 octobre et 8 novembre 2006.

samedi, 24 juin 2006

seins de sainte

medium_agathe.jpgQue seraient devenues les méditations lactées de Bourdaily on the web, si à l'icône moyen-âgeuse de Bernard de
Clairvaux s'abreuvant au virginal sein, j'avais substitué le plateau sanguinolent de Sainte Agathe aux seins coupés.
Quoique - salut, Devos ! - avec ce diable d'homme qu'est JCB, sait-on en quel lieu de perdition, il nous eût entraîné(e)s ?

C'était le 16 juin dernier, la note de Langue sauce piquante, à propos du mot démotivation.
Décidément, comme le laissent pressentir nos correcteurs préférés, l'auréole ne vaut pas l'aréole.

Le tableau de Zurbaran, Sainte Agathe présentant ses seins sur un plateau, est au Musée Fabre de Montpellier. Le geste pseudo-zygodactyle n'est pas esquissé !

Post-scriptum : (qui n'a rien à voir avec ce qui précède, comme écrirait Delfeil de Ton).
Une belle et pertinente note de JCB à propos de l'enfer de la blogosphère en date du jeudi 22 juin. J'étais trop dans le spleen des vieillards et pas du tout "dans le coup" de ce qui se postillonnait dans les commentaires chez Berlol. Ça m'a navré.
De quoi, parfois donner raison à madame Élizabeth Lévy qui, dans son ton habituel, paraît pratiquer un dédain certain de la blogosphère et qui, dans son émission de ce jour, Le premier pouvoir, reprenant les termes d'un de ses invités, nomme les blogueurs "des citoyens de base". Des "basiques", disait l'invité.

vendredi, 09 juin 2006

Un matin sans images... et pourtant

Ce matin, mieux vaut les doux délires machistes sur l'Origine du Monde que les graves commentaires boursiers sur la gueule assassinée de Abou Moussab Al-Zarqaoui !

dimanche, 21 mai 2006

espèce de jarfloramer

medium_artflo.jpg


« ...Duchamp (ayant) décrèté au début du XXe siècle que c'était l'artiste lui-même qui décidait d'attribuer à un objet le statut de l'art...»

Yves Michaud, philosophe
in Le Monde de ce jour.


Je n'étais point né au tout début du XXe et je ne suis pas "l'artiste lui-même".
Donc n'importe quoi d'assez agréable au hasard du regard !
En ajoutant un divertimento de Mozart, pour l'ouïe. L'odeur des fleurs de seringas dans le vent, pour l'odorat et la finesse des fleurs d'acaccia dans le croquant des beignets de Ja, pour le goût !

Un bel après-midi de mai dans le printemps "aigre", écrirait Gracq.

dimanche, 30 avril 2006

Lactations

Il ya de saints hasards. L'abbaye de Flaran nous avait entraîné dans les austérités cisterciennes qui dissimulaient de mamellaires suavités. medium_lactation1.3.jpgQu'à notre retour, Beaux-Arts Magazine de mai nous propose la confrontation de Cindy Sherman aux maîtres anciens n'en a que plus de sel.medium_lactation2.3.jpg

Ô plaisirs buccaux !

« Les mamelles de Marie sont remplies de Ciel, elles réconfortent avec une indicible suavité ! »

Dommage qu'il n'y ait qu'une goutte solitaire au sein de la vierge(?) de Sherman !

Post-scriptum : Il existerait d'autres "lactations" dans la peinture du Moyen-Âge. Si par bonheur, et pour lui et pour nous, JCB avait enfin vider ses cartons ?

mardi, 04 avril 2006

où il est question de censure

Hier matin, une surprise, dans la nouvelle Fabrique de l’histoire, animée par Emmanuel Laurentin, à propos de la censure, thème de la semaine sur France Cul, une voix de belle audace.
L’oreille attentive identifie très vite les inflexions de cette voix qui, une nuit de 1995, lui apporta une approche étonnante de ce que peut être la démarche d’un peintre contemporain : Bernard Dufour, la “main” du peintre qui dessine Emmanuelle Béart dans la Belle Noiseuse, le film de Rivette.

J’étais plongé dans l’aventure des autobiographies et celle de Dufour, où l’on rencontre tout un monde des arts et lettres, Barthes, Paule Thévenin, Alain Robbe-Grillet, Catherine Millet, Jacques Henric, Pierre Guyotat, Joyce Mansour, Denis Roche, est aussi un grand poème d’amour sillonné par des vols de freux, un inventaire des tableaux qu’inspirèrent cet amour, une chasse à la fouine ; je crois y entendre l’envol de sept chouettes-effraies un soir de novembre et, rappelez-vous, le crissement de la plume d’acier qui trace Emmanuelle Béart nue.
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«………Après le tournage avec Jacques Rivette de La Belle Noiseuse - me réinstallant difficilement dans mon atelier du Pradié et sa solitude -, pour retrouver le plein exercice de la peinture et sa conscience je me suis livré de nouveau en 1992 et 93 à l'anamnèse, cette fois-ci, de ma vie de peintre, et j'ai écrit Au fur.
Au fur n'est ni un journal ni une confession, mais une autobiographie incomplète que les trous de mémoire rendent sans doute non véridique ou non exacte, mais que je suppose non délibérément mensongère.»

Les dates, entre les trous de mémoire, sont mentionnées, non pas en chiffres, mais en toutes lettres. Manière de dater pour le moins originale !

Pour revenir au thème de l’émission, la censure qui accabla certains tableaux de Dufour, Laurentin lira ce passage :

Il est étrange qu'un homme et une femme soient toujours nommés Adam et Eve, trois femmes nues Les Grâces ou Le Jugement de Paris, quatre ou cinq femmes nues Les Sorcières. Il est étrange que, surtout, depuis le XIXe les peintres aient tant aimé peindre non pas eux-mêmes et leurs amantes et leurs corps, mais leur petite famille, la jeune fille au piano avec maman, les petits frères aux dominos, les tantes, le chien. Un seul s'est peint se rafraîchissant le sexe dans une cuvette après avoir joui de sa femme et l'avoir fait jouir tant elle est lasse, Picasso, Malevitch, Otto Dix, Matisse, De Kooning ? non, Bonnard, pour qui il est si nécessaire de peindre l'amour, comme cela l'est aussi pour les divins Rembrandt et Goya, divins comme le marquis, celui que Flaubert nomme toujours "Le Vieux", et je pourrai moi les nommer, Rembrandt et Goya, “Les Deux vieux", appariés. J'ai évoqué la componction de la plupart des artistes, la pudeur extrême en est une des composantes. La pudeur ou la soumission à travers les âges à la censure de l'antique tabou néolithique : ne pas figurer la nudité de l'homme et de la femme, sinon à travers des signes symboliques ou plus tard à travers les corps professionnels des modèles, ces hommes et ces femmes dont le métier ouvrier est de poser nus devant les artistes, ces corps transformés en pommes dans cette relation que montre la célèbre photo par Cartier-Bresson de Matisse et d'un modèle.

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Ah, si ! Bernard Dufour récuse l'érotisme, il ne refuse ni l'indécence, ni la pornographie !

• Bernard Dufour, Au fur, Christian Bourgois éditeur, 1995
• Le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg organise une exposition de 40 tableaux du peintre, du 7 avril au 23 juillet 2006.

Post-scriptum(qui a peut-être à voir avec l'esprit libertaire de Bernard Dufour) :
Nous aurions été entre 70 et 100 000 entre la place du Commerce et la Petite Hollande via le Port-Communeau et la rue de Strasbourg

dimanche, 12 février 2006

Bonne nuit, Monsieur Ipoustéguy

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« Ce que l'on devine dans l'ombre n'est rien d'autre que la chose vue au grand soleil ; bien que, dans le noir et sous la lune, cela n'ait pas le même goût : la salive en quête, le halo des odeurs évaporent et lavent ce qui appartient au corps, à ses rivages fluctuants dans l'espace.
La main, elle, perd sa route et la retrouve bientôt avec surprise comme un flâneur s'égare...
L'aspect des anatomies est mis en pénombre et semble se fondre dans un souffle d'air à sombre haleine, parmi des cheveux, des toisons frottés de phosphore. »

Ipoustéguy
dans le noir et sous la lune, 1981


Deux jours après Borowiczyk, le cinéaste, IPOUSTÉGUY, le sculpteur, s'en est allé. Il est des semaines comme ça, où la camarde rôde avec insistance dans les proximités mentales et familiales. Aux deux "célébrités" - mais combien les connaissaient vraiment ? - s'ajoutent la directrice d'école de mes enfants et un cousin, très "ancien combattant".
"Je suis, la mort n'est pas... etc !" dit Épicure.

Ipostéguy demeure.
En janvier pour inaugurer l'année, j'arpentais la diagonale merveilleuse de son triptyque en hommage à Louïse Labé, place Pradel, à Lyon. Je l'avais découvert à Paris en 1979.
Il sculptait, dessinait, écrivait.
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« Pour moi, les structures de l'écriture et de la sculpture sont les mêmes. Autour d'un noyau, cristallisation de l'œuvre, éclatent des formes incidentes qui cherchent à concerter avec le noyau, qui retournent au noyau.»


Il est puissance, sauvagerie, fraternité, érotisme ; il venait du peuple.
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Bonne nuit, Monsieur Ipoustéguy ! Et merci !

Post-scriptum :
Successivement Lunaire (1981), Val-de Grâce (1977) et Agonie de la Mère (1970/71)

mercredi, 04 janvier 2006

Au dict du livre excellent

Je reviens de Lyon.

Nous y avons rencontré les amis, celles et ceux d’Afrique et d’Algérie.

J’y ai retrouvé CELLE que je fréquente à travers élégies, sonnets, livres et écrans. Elle se dresse, à demi nue émergeant des gangues de bronze où l’a coulée Ipoustéguy l’homme qui exhume sa statuaire de je ne sais quels enfers.
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Elle indique de son doigt la Croix-Rousse, la colline aux Canuts, elle esquisse comme un envol, de ses jambes lisses et longues, ses seins sont dressés et fermement modelé son cul de belle garçonne. Son double visage est d’ardeur et se voile d’infinie nostalgie.
Louïse Labé, Lionnaise !

Ce premier blogue de l’année 2006, après avoir salué l’an d’un horizon large et clair mais qu’il faut savoir tout autant assombri et clos, je le dédie à mes compagnes et compagnons de Toile qui lisent et écrivent, qui bloguent ou pas.
J’ouvre cette année sous le signe d’Étienne Dolet, imprimeur qui édita à Lyon et fut, en août 1546, brûlé en place Maubert, à Paris, pour sa liberté de croyance, d’esprit et d’éditeur.

Il écrivit ceci, qui nous est un fort beau programme pour l’an commencé :

“À ung bon vin, ne fault point d’enseigne.” L’opinion commune aussi est qu’à ung bon livre ne fault aucune recommandation que de soy mesmes.
Quant à moy, je ne répugne, ni au proverbe du vin, ni au dict du livre excellent.



à la dame du Flotoir,
à Berlol,
à François Bon,
à Bourdaily,
à Constantin C.,
à Er Klasker,
au Cœur de Ptah !


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Permets m'Amour penser quelque folie...