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jeudi, 19 novembre 2009

on appelle ça tricher

En football, quand un joueur du champ touche volontairement de la main le ballon, il triche. Non ?

 

J'avoue attendre cyniquement la protestation suffoquée du sieur Raoult : le tricheur est bien le capitaine d'une équipe nationale qui représentera ce pays où je suis né (avouerais-je que ça m'est insuffisant pour m'identifier "nationalement" ?). Saurai-je un jour la somme de mes identités ?

 

Je suis du côté d'Héraclite, le Flux changeant, contre Parménide, l'Être absolu.

Lire quelques fétus de philosophie à propos de l'identité, la patrie, la nation et tutti quanti dans Libé de ce jour.

 

D'ailleurs, je m'en fous : l'Algérie est, elle, qualifiée. Mais ce n'est pas pour cela que contre la "francité", je revendiquerais "arabité" ou "berbérité".

jeudi, 12 novembre 2009

à propos de la dixième lauréate du "Goncourt"

Si les lettrés continuent ainsi de contester ses courtisans, le monsieur de passage à l'Élysée  se refusera définitivement la lecture des bonnes romancières françaises.

Il a sans doute déjà pris sa décision.

vendredi, 23 octobre 2009

Mais, Carla, qu'attendez-vous pour le quitter ?

 

Et faites vôtre, si vous en avez encore la capacité, cette assertion qu'Euripide met dans la bouche de Mélanippe la philosophe* :

 

Eg≈ gunÆ m°n eimi noËw d'§nesti moi

Certes je ne suis qu'une femme, mais l'entendement aussi est mien !

 

 

* Moins facile à trouver en librairie que la Princesse de Clèves ; il est possible, cependant, de lire quelques fragments de cette tragédie sur la Toile. C'est écrit plus de quatre siècles avant notre ère ; nous nous situons donc dans ce que Séverine Auffret nomme l'archéologie du féminisme.


mardi, 13 octobre 2009

il est des matins

Il ne faudrait point penser qu'écrire sur la littérature, le jardin, la mer, dispense le blogueur d'être certains matins dans des rages citoyennes.

 

Et comme notre si fameuse démocratie représentative ne nous donne l'occasion que trop rarement d'exprimer nos choix — si, si, même en vivant une modeste activité civique dans son village et dans quelques réseaux, les élus gouvernants nous "bourrent le mou" avec ce concept républicain qui commence à dater, non — il est des matins trop fréquents de rogne.

 

Mais, ce matin, ma rogne a trouvé sa porte-parole : en ce pays d'oublieuse mémoire, nécessité serait de telles chroniques  !


podcast

 

Nota-bene :

Ouais ! je sais : Churchill disait que la démocratie n'est pas le meilleur des systèmes, mais le moins mauvais. Est-ce suffisant pour satisfaire  l'intelligence de la citoyenne et du citoyen ?

 

ξυνόν ἐστι πᾶσι τὸ φρονέειν.
La pensée est commune à tous.


Héraclite


Pour une fois, "l'était" bien optimiste, mon philosophe préféré !


mercredi, 24 juin 2009

pour un parrainage républicain

Quelques jours dans le Sud pour fêter Célia, ses dix ans et un parrainage républicain, à Saint-Pierre de Buzet !

samedi, 09 mai 2009

8 mai 1945

Aller de commémoration en commémoration, d'année en année  ? Est-ce bien nécessaire ? Les uns exigent la repentance, les autres, à qui elle est demandée, se taisent. Et alors ?

 

Alors je me contente seulement de renvoyer, avec un jour de retard, et ce n'est pas un acte manqué,  mes visiteuses et visiteurs à ma note de l'an 2005 sur ce 8 mai.

Je n'ai point épuisé ma mémoire, mais je ne veux pas corroder mes mots par un usage commémoratif trop fréquent.

 

Ami(e)s, un clique sur la date en rouge suffira donc pour ce 8 mai 2009.

vendredi, 24 avril 2009

Boualem Sansal ou l'écriture du courage

J'ai rencontré Boualem Sansal, hier au soir, au Lieu Unique, dans le cadre des EuroMéditerranéennes.
Je n'ai pu empêcher l'émotion de me nouer la gorge et les larmes d'inonder les yeux. Ses écrits depuis 1999 percent les pénombres sanglantes et le borné du fanatisme. L'espoir épuisé reprend racines en entendant cet homme qui avoue modestement, paisiblement que la violence qui le menace chaque jour est « encore gérable ».
Cinquante ans après Kateb Yacine, il se lève pour affirmer le passé, le présent et le futur du Berbère, homme aux carrefours des cultures, des races, des envahisseurs, des occupants, des métissages, en ce pays appelé jadis Numidie et qui est le Maghreb.
Sur l'autre rive, soyons heureux d'avoir de tels manieurs de langue française : Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Nabile Farès, Rachid Mimouni. Et je n'oublie point les aïeux : Feraoun, Dib, Mammeri, Sénac.

Il y a longtemps, trop longtemps on va dire, que nous ne nous sommes pas parlé. Comment mesurer le temps écoulé si personne ne bouge, si rien ne vient, si rien ne va ? Constater l'arrêt est un progrès, cela implique cette chose banale et fantastique que quelque part, quelqu'un, un jour, vous, moi, un autre, a dû s'entendre dire : « Dieu, où en sommes-nous après tant d'années livrées au silence ? » ou simplement : « Que se passe-t-il en ces lieux ? » Terribles questions. Des hommes sont morts sans savoir, et d'innombrables enfants arrachés à la vie avant d'apprendre à marcher, et des villes entières, qui furent belles et enivrantes, ont été atrocement défigurées. Le nom même de notre pays, Algérie, est devenu, par le fait de notre silence, synonyme de terreur et de dérision et nos enfants le fuient comme on quitte un bateau en détresse. Et combien de touristes l'évitent à toutes jambes ! La beauté de nos paysages et notre hospitalité légendaire ne font pas le poids devant les mises en garde des chancelleries et les alarmes insoutenables des médias et des ONG.

Nous voilà seuls, à tourner en rond, ressassant d'antiques lamentations.

Mais peut-être aussi avons-nous cessé de nous parler parce que personne n'écoutait l'autre. La rumeur galopante, l'ivresse du vide, le bourdonnement lancinant de nos rues, l'imposante étroitesse de nos grands esprits, les flonflons, les prêches, les harangues, les crises, les terrorismes, les détournements et les famines qui ont décimé plus que l'économie ne l'autorisait, les pénuries qui ont occupé nos vies si courtes, les corvées d'eau, les deuils, les queues devant les juges, le regard hypnotisant des surveillants ont leur part d'explication dans notre aphonie, c'est vrai. Combien excusables sommes-nous de ne pas savoir parler et courir à la fois ! Pense-t-on à tirer des plans sur la comète lorsqu'on est assailli par le malheur au quotidien et que la grande affaire, la véritable urgence, la ruse de chaque instant,consiste à échapper à la mort, à tromper le bourreau, à se garder des catastrophes, à contourner les plantons, à gagner du temps tout simplement.
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Une autre fois, nous parlerons des héros qui ont conduit notre résistance séculaire contre les envahisseurs : les rois Juba et Jugurtha tués par les Romains, la reine Kahena tuée par les Arabes, l'émir Abd el Kader chassé par les Français, mort en exil, Ben M'Hidi exécuté par le général français Aussaresses, Abane Ramdane, le chef de la révolution algérienne, assassiné par les patrons du FLN, etc


Poste restante : Alger
Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes.


Je n'ai lu que Le serment des Barbares, Harraga et son Petit éloge de la mémoire.
Il est publié en Folio, il habite Boumerdès, l'ancien Rocher-Noir, refuge de l'administration gaulliste dans les dernières années de l'Algérie "française", puis du Gouvernement provisoire entre mars et juin 1962. Les derniers livres de Boualem Sansal sont interdits, ils circulent sous le manteau.
A-t-on encore besoin du bon vieux samizdat des années soviétiques pour répandre son œuvre ?
La Toile ? Elle peut servir ! Non ?
Nous allons en parler ce soir. Avec lui.

vendredi, 10 avril 2009

je n'ai pas tué

...Tamloul, c’est moins grandiose, on ne gravit pas de crêtes nocturnes comme des félins, on ne dévale pas dans les oueds comme des gamins au petit matin.
On demeure une heure, deux heures, tapis dans l’ajout de nuit que donne le mur de branches et de pisé du gourbi. Tu attends, tu écoutes, tu écoutes intensément, tu sens le copain à portée de ta main, tu ne vois pas son visage charbonné au bouchon brûlé, mais de temps à autre, vos deux mains se rejoignent rassurantes, tièdes, presque tendres.
Au moindre bruit lointain, proche, le geste s’affermit, les visages se rapprochent. Murmures pour s’assurer de la réalité ou de l’hallucination. Les corps, seuls, en bougeant appuyés au mur, ont fait crisser le bois. De l’autre côté, ce bruit léger a-t-il été entendu ? Ils l’espérent. En tout cas, quand ils “décrocheront”, ils ne prendront plus aucune précaution. Que les fells sachent qu’ils étaient là ! Et peut-être aussi ailleurs !

Ils ont maintenu la pression deux mois durant, il a suffi de deux escarmouches. La première, à peine quinze jours après la désastreuse embuscade où fut tué Slama, Jaqez était avec El-Ahmra, un jeune appelé algérien de ceux qu'on appelait FSNA, Français de souche nord-africaine !
La lune en son premier quartier se couchait. Les fells sont venus du sud-ouest, par le petit thalweg qui aboutit à hauteur de la placette.

C’est El-Ahmra qui a eu le pressentiment d’un mouvement au débouché du thalweg. Les deux mains qui se cherchent, visage contre visage : « Lieutenant, là-bas, en haut du petit oued. » Le repli de terrain a étouffé tout bruit suspect, ils sont six en file indienne, ils s’arrêtent, reprennent leur progression, s’arrêtent, ils sont maintenant à découvert sur le glacis qui précède les barbelés à cent mètres, ils s’avancent courbés, le premier à dix mètres devant les autres. Arrêts plus fréquents. Silhouettes plus sombres sur le sombre de la crête de Rhardous qui se profile sous le ciel clair d’étoiles.
« El ! Quand le premier s’engagera sous les barbelés, on vise aux jambes. Aux jambes, El ! » La main d’El-Ahmra étreint la sienne. Leurs armes ne sont pas encore sorties de l’ombre du mur. À cinquante mètres, la première ombre se couche. « Aux jambes, El, aux jambes ! » La Mat d’El-Ahmra crache des étincelles au sol, puis, il lâche tout son chargeur plus haut. Fuite éperdue, ça gueule chez les cinq fells debout, ils tentent de riposter en tirant des rafales désordonnées.
El-Ahmra et Jaqez eux, sont déjà planqués au sol à dix mètres de l’endroit où El-Ahmra a déclenché le tir. L’éclaireur couché s’est relevé plus vite que son ombre, il court derrière ses copains, ils vont s’enfoncer dans le repli nocturne du thalweg. Jaqez ajuste sa carabine US, il a le doigt sur la queue de détente : « Tire, Lieutenant ! » Il tire posément deux mètres en avant de la première ombre qui fuit, il voit l’étincelle de l’impact sur les caillasses. Calmement les dix balles de son chargeur. Jamais agréables des balles qui font mouche entre les jambes.
« Lieutenant, pourquoi tu as tiré à terre ? »
Parce que, El ! Mais il ne le lui avouera point ... Parce que la gueule éclatée du premier “fell”... l’abattage du petit berger Hocine... le ventre ouvert de Slama. Merde, non. Assez, assez de tout ce sang ! Il prend l’épaule de El-Ahmra, « Et, toi, El, hein, tu as tiré dedans ou en l’air ? » Il croit deviner un sourire sur le visage du jeune algérien


Extrait d'une chronique de ces années de merde et de feu que tant d'entre nous vécurent entre 1954 et 1962 ; elles verront ou ne verront pas le jour ?
Je voudrais ajouter que si je n'ai pas tué, c'est que j'avais dans ma cantine de bidasse, un texte immense de six pages qui narre d'autres années plus infernales encore : c'est le « J'ai tué » de Blaise Cendrars.
À lire !

à fleur de peau

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Depuis plus d'un mois, il y avait à l'Espace Cosmopolis, qui jouxte le Théâtre Graslin, une exposition sur le Rwanda avec des œuvres très fortes de Bruce Clarke ; ce plasticien sud-africain part de fragments déchirés, de papiers divers, de journaux, d’affiches, qu'il travaille, triture, imprègne de couleurs les traces photographiques et les typo. « Mots et couleurs, mots et images s’intègrent alors et se recomposent sur la toile

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De plus en plus, il m'arrive d'avoir l'émotion à fleur de peau : les insomnies ou l'adolescence du « grand âge » ?
... Par exemple, le moment de l'après-midi d'hier, quand, encerclé(e)s par ces tableaux de Clarke, l'amie que j'accompagne dans la visite de cette exposition, évoque les violeurs comme les tueurs.
Je n'ai pas tué, jamais violé.
Face à la VIOLENCE, le dégoût est incoercible.
Et pourtant je sais parfois ne pas être et tendre et doux !

Mais face à ces images et par les mots de cette amie, renvoyé à ces quelques moments trop réels où il fallut opposer à l'horrible qui pouvait ou allait survenir, la fermeté paisible — je ne suis ni courageux, ni encore moins héroïque; simplement il le fallait ! — l'émotion m'a poigné.

La main de l'amie sur mon bras m'a relié, je n'étais plus seul dans mes larmes !
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mercredi, 08 avril 2009

abriter les sans-papiers certainement, accueillir l'Étranger...

...certainement plus encore.

Nous n'étions que quelques cinq cents, sur le parvis du Palais de Justice, dans un vrai crachin nantais et breton.
Cinq cents pour manifester notre honte de ces lois iniques qui contreviennent à l'article I et XII de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Plus de cinquante ans que j'accumule sans doute les possibilités d'être un délinquant.
J'ai mal quand je sais que les deux femmes qui m'ont amené à l'Amour, si la mort n'était pas, elles n'auraient pu être accueillies par d'autres que moi, leur Amant "étranger". Et encore ?
J'ai mal à mes amitiés de Côte d'Ivoire, d'Algérie, du Sénégal, et d'ailleurs, parce que la loi de mon pays — est-ce encore mon pays ? — m'interdirait d'accueillir chez moi leurs enfants et leurs petits-enfants.
M'interdirait ? Mais qui peut interdire ?

Combien des citoyen(ne)s de ce pays — est-ce encore mon pays ? — connaissent le nouveau dispositif de délivrance des attestations d'accueil qui sévit depuis novembre 2004.
Allez donc chercher en votre mairie, chez le Préfet, sur la Toile, les imprimés que vous devrez remplir pour savoir à quelles humiliations vous exposent le décret du 17 novembre 2004 et la circulaire ministérielle du 23 novembre 2004.
Je me suis fait un jour répondre que ces iniquités, c'était l'Europe de l'espace Schengen.
L'Europe ? Quelle Europe ? À peine était-elle devenue "mon pays" que déjà ce n'est plus mon pays.

À en pleurer, au sens propre.
Je ne suis pas solidaire, je ne veux être qu'humain.

À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide, mais le couvert reste mis.

Plus loin.
Guérir le pain. Attabler le vin.
René Char, Feuillets d'Hypnos.





dimanche, 08 mars 2009

journée de la FEMME

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Salut aux Femmes qui de leur corps
donnent naissance à d'autres corps et bien au delà.
à Celles qui le voulurent,
à celles qui ne le purent,
à celles qui ne le voulurent.


Merci

à mes Poétesses
à mes Philosophes
à mes Ethnologues
à mes Compagnes de métiers
à mes Amies de la cité
à mes Amours, à mes Amantes,
à mes Aïeules et à ma Mère,
à l'Épouse,
à sa Fille
aux Filles de sa Fille.


À ces Femmes qui, ce jour, lisent ces quelques lignes.

Merci parce qu'elles me font Vivant !

jeudi, 05 mars 2009

rien de nouveau sous le soleil

La décision du Conseil Constitutionnel semble considérer comme normales les prérogatives que s'attribue l'homme de l'Élysée de nommer les responsables des services publics de radio et de télévision. Il n'y a pas à s'étonner de cette entaille.

En faisant mes bagages pour aller quelques jours à Éphèse, je feuillette Héraclite ;

μάχεσθαι χρὴ τὸν δῆμον ὑπὲρ τοῦ νόμου ὅκωσπερ τείχεος.
Le peuple doit combattre pour la Loi comme pour ses murailles.

Le peuple (τὸν δῆμον) doit (χρὴ) combattre (μάχεσθαι) pour (ὑπὲρ) la loi (νόμου) comme (ὅκωσπερ) pour ses murailles (τείχεος).
cité par Diogène Laërce, Vies des philosophes, IX, 2.


Ça fait un sacré bail que le peuple ne se préoccupe plus de ses murailles, mais de son ventre. Alors la Loi ?

lundi, 19 janvier 2009

Diversité ?

Nos belles et diverses stations de Radio-France, à l'occasion l'investiture de Barack OBAMA — ce qui au plus ras de la géographie, des continents, des ethnies et des cités, est sans doute une des rares bonnes choses, arrivées à notre Terre en ces temps derniers — consacrent cette journée de lundi à la DIVERSITÉ.

Je ne ferai pas la fine gueule, trop engagé que je fus — et suis peut-être encore — dans la grande aventure du métissage des corps, des pensers, des arts. Je serai attentif tout au long du jour, hors la parenthèse de deux heures, à l'atelier "Mallarmé", bien que celui-ci fut loin d'être étranger au désir de la diversité — lire le très symboliste et lisible Brise marine, qui le pourrait ranger dans la case des Exotes et non des pseudo-Exotes (cf. les dernières lignes du texte qui achève cette note).

Beaucoup de chausse-trappes dans cette notion. Dans l'après-midi venteuse d'hier, j'ai réouvert l'Essai sur l'Exotisme de Victor Segalen, moins pour résoudre que pour questionner et me questionner une fois encore autour de ce qui fut et est, pour moi, un vécu, un senti, un penser !

... la sensation d’Exotisme : qui n’est autre que la notion du différent ; la perception du Divers ; la connaissance que quelque chose n’est pas soi-même.
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Mot compromis et gonflé, abusé, prêt d'éclater, de crever, de se vider de tout. J'aurais été habile en évitant un mot si dangereux, si équivoque. En forger un autre ? ....J'ai préféré tenter l'aventure, et garder ce qui m'a paru bon, foncièrement, malgré ses galvaudages ; mais j'ai tenté, en l'épouillant d'abord, et le plus rudement possible, de lui rendre, avec sa valeur ancienne, toute la primauté de sa saveur. Ainsi rajeuni, j'ose croire qu'il aura la verdeur aguichante d'un néologisme, sans en accepter l'aigreur et l'acidité. Exotisme : qu'il soit bien dit que moi-même je n'entends par là qu'une chose, mais universelle : le sentiment que j'ai du Divers ; et, par esthétique, l'exercice de ce même sentiment ; sa poursuite, son jeu, sa plus grande liberté ; sa plus grande acuité ; enfin sa plus claire et profonde beauté.
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Ma faculté de sentir le Divers et d'en reconnaître la beauté me conduit à haïr tous ceux qui tentèrent de l'affaiblir (dans les idées ou les formes) ou le nièrent, en bâtissant d'ennuyeuses synthèses...
D'autres, pseudo-Exotes (les Loti, les touristes, ne furent pas moins désastreux. Je les nomme les Proxénètes de la Sensation du Divers).

Victor Segalen,

dans diverses pages d'Essai sur l'exotisme.


Marcel Mauss, Margaret Mead, Michel Leiris, Henri Michaux, Claude Lévy-Strauss, Jean Rouch vont bientôt surgir.
Et Aimé Césaire, pousser un grand cri !





vendredi, 16 janvier 2009

encore à propos de "Gaza" et sans commentaires

Pourquoi me tuez-vous ?
Et quoi, ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ?
Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, et cela serait injuste de vous tuer de la sorte.
Mais puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste.


Blaise Pascal
Pensées, fragment 84

mardi, 06 janvier 2009

sur Gaza et

les images, les vidéos, les commentaires, quelles que soient les sources ?

En une seule chose, ne le céderai-je à personne : en la recherche de la vérité, de laquelle néanmoins je ne me fais pas garant.
Théophraste Renaudot