samedi, 19 décembre 2009

"Copenhague" en jus de boudin

Ces messieurs annoncent soit un accord "significatif mais insuffisant", soit un accord "positif mais pas parfait".

Pour pallier la banalité de la langue de bois et assumer modestement notre citoyenneté planétaire, la brièveté du poète :

 

Dans nos jardins se préparent des forêts.

 

René Char

Les compagnons dans le jardin

La Parole en archipel

mercredi, 16 décembre 2009

"Copenhague" VII

 

Ne permettons pas qu'on nous enlève la part de la nature que nous renfermons. N'en perdons pas une étamine, n'en cédons pas un gravier d'eau.

 

René Char

Les compagnons dans le jardin,

La parole en archipel.

mardi, 15 décembre 2009

"Copenhague" VI

à Ja et Pi, compagnons de marche

 

Je pensais un peu vaine la publication de ces notes, appuyées sur des textes de René Char que j'estime empreints d'une sagesse enracinée dans une pensée terrienne qui n'est pas si éloignée d'un sens cosmique que seuls détiennent les laboureurs, les marcheurs et les jardiniers. Sinon tous, du moins les attentifs.

Ce matin, ma crainte a été démentie, lors de notre marche hebdomadaire dans la vallée, blanche de givre ensoleillé.

 

Alors,  quand s'annonce la déglingue d'une conférence mondiale qui risque l'échec, il est peut-être nécessaire de continuer la profération du philosophe et poète :

 

Pour l'ère qui s'ouvre : « À la fin était le poison. Rien ne pouvait s'obtenir sans lui. Pas le moindre viatique humain. Pas la plus palpable récolte. » Ainsi fulmine la terre glauque.

 

René Char

Pause au château cloaque,

Retour amont.

vendredi, 11 décembre 2009

"Copenhague" V



L'heureux temps. Chaque cité était une grande
famille que la peur unissait; le chant des mains à
l'œuvre et la vivante nuit du ciel l'illuminaient. Le
pollen de l'esprit gardait sa part d'exil.

Mais le présent perpétuel, le passé instantané, sous
la fatigue maîtresse, ôtèrent les lisses.

Marche forcée, au terme épars. Enfants battus,
chaume doré, hommes sanieux, tous à la roue ! Visée
par l'abeille de fer, la rose en larmes s'est ouverte.


René Char

Aux portes d'Aerea,

Retour amont

jeudi, 10 décembre 2009

"Copenhague" IV

 

Nous sommes, ce jour, plus près du sinistre que le tocsin lui-même. C'est pourquoi il est grand temps de nous composer une santé du malheur. Dût-elle avoir l'apparence de l'arrogance du miracle.

 

René Char

À une sérénité crispée

mercredi, 09 décembre 2009

"Copenhague" III

 

L'homme n'est qu'une fleur de l'air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort ; le souffle et l'ombre de cette coalition, certaines fois, le surélèvent.


René Char,

Les compagnons dans le jardin

mardi, 08 décembre 2009

"Copenhague" II

Je connais des copines et des copains, des "citoyen(ne)s vigilant(e)s",  qui maintiennent depuis des mois un piquet, quai Ceineray, devant le Conseil général de Loire-Atlantique pour dire non à un futur monstre aéroportuaire.


Je connais, au sein de ce Conseil, une amie et un ami, élus lucides et... vigilants, qui demandent avec ténacité un moratoire pour enfin sagement renoncer à cette excroissance.

 

Je leur adresse cette parole de poète.

 

Viendra le temps où les nations sur la marelle
de l'univers seront aussi étroitement dépendantes
les unes des autres que les organes d'un même corps,
solidaires en son économie.

Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il
encore garantir l'existence du mince ruisselet
de rêve et d'évasion? L'homme, d'un pas de somnambule,
marche vers les mines meurtrières,
conduit par le chant des inventeurs.


René Char

Feuillets d'Hypnos, 127

 

Nota-bene !!! : En 2005, déjà Airbus chassait le dernier vigneron de ma petite commune.

lundi, 07 décembre 2009

suivre "Copenhague" à ma manière I

c'est-à-dire en lisant un poète :

 

Nous errons près de margelles dont on a soustrait les puits.


René Char

Feuillets d'Hypnos, 91

jeudi, 19 novembre 2009

on appelle ça tricher

En football, quand un joueur du champ touche volontairement de la main le ballon, il triche. Non ?

 

J'avoue attendre cyniquement la protestation suffoquée du sieur Raoult : le tricheur est bien le capitaine d'une équipe nationale qui représentera ce pays où je suis né (avouerais-je que ça m'est insuffisant pour m'identifier "nationalement" ?). Saurai-je un jour la somme de mes identités ?

 

Je suis du côté d'Héraclite, le Flux changeant, contre Parménide, l'Être absolu.

Lire quelques fétus de philosophie à propos de l'identité, la patrie, la nation et tutti quanti dans Libé de ce jour.

 

D'ailleurs, je m'en fous : l'Algérie est, elle, qualifiée. Mais ce n'est pas pour cela que contre la "francité", je revendiquerais "arabité" ou "berbérité".

jeudi, 12 novembre 2009

à propos de la dixième lauréate du "Goncourt"

Si les lettrés continuent ainsi de contester ses courtisans, le monsieur de passage à l'Élysée  se refusera définitivement la lecture des bonnes romancières françaises.

Il a sans doute déjà pris sa décision.

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