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mercredi, 21 janvier 2015

jour d'hiver

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Toute la nuit
les bambous gèlent

Matin de givre

Matsuo Munéfasa
dit Bashō
Seigneur ermite

 

 

Sorti de l'amoncellement des livres, des écrits, des images, j'aimerais bien un ermitage encerclé de roseaux.

jeudi, 15 janvier 2015

bon à savoir

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mardi, 13 janvier 2015

En ces jours troublants, troublés, troubles

Je n'ai pas écrit. Ou si peu.
Ceci, le jour même du massacre des journalistes de Charlie Hebdo.

                           Les tueurs ont la lâcheté des fuyards,

Les tueurs ont bien été abattus. Nous étions donc entrés en guerre ?


Je n'ai participé à aucune manifestation.
Je n'exalte pas le CRAYON, précédé jadis par le stylet, le pinceau, la plume, accompagné aujourd'hui du clavier prolongé par l'écran.

                           Trop souvent ils ont précédé l'Arme.

 

10:22 Publié dans Les graves | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 05 janvier 2015

Vautier est mort

Ce dimanche, en fin d'après midi, j'ai compris pourquoi au début du flot la mer bretonne s'était engrisée dans le deuil.

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Le corps de René s'est évanoui dans des horizons incertains entre mer d'Iroise et gorges aurèsiennes de l'Oued Abiod.

Je dis "René". Il n'aurait pas aimé que de lui je dise qu'il fut mon maître ès cinéma. C'était un compagnon — camarade, aurait-il précisé — de plus d'ancienneté qui accompagnait avec passion et rigueur souriantes ses compagnons plus jeunes. Je l'avais accueilli, fin 1962, à Biskra au seuil des Aurès libres. Il lançait les CINE-POP Algériens et, une semaine durant, je l'ai trimbalé dans ma 2 CV camionnette avec mon projecteur DEBRIE 16 mm  entre Tolga et T'Kout. Dans les galettes d'alu, il y avait Alexandre Nevsky et un certain Drapeau du Forgeron...

Au printemps 1963, sous l'égide du ministère algérien de la Jeunesse et des Sports, Bouteflihka en étant le ministre et Hervé Bourges, le chef de cabinet, René organisa, à Tixeraïne-El Riath, un regroupement des chefs des ex-Centres Sociaux Éducatifs*, pour consolider la structure des "Ciné-Pops". Il était accompagné, entre autres cinéastes internationaux et ...révolutionnaires (!), d'un jeune assistant frais émoulu de Sciences Po qui se préparait sans doute à rejoindre les maquis sud-américains, Régis Debray...

J'ai revu et l'un et l'autre dans les années 1980-2000 au hasard de projections, de manifestations culturelles, de signatures : l'évocation de ces moments fut toujours une très forte charge d'émotion.

Pressentiment de la mort de René : avant Noël, je venais de m'offrir, chez les Mutins de Pangée, le coffret DVD de ses films algériens.

 

 * Fondés en 1956, lors de la guerre d'indépendance, par Germaine Tillion.
À quand, par la Cinémathèque de Bretagne, la publication des entretiens que Germaine Tillion et René Vautier eurent longtemps après ce combat que l'une et l'autre menèrent avec des armes qui peuvent paraître fort opposées, mais furent également libératrices ?
Ces entretiens furent projetés aux Archives départementales de Loire-Atlantique, il y a trois ou quatre ans. J'avais été sollicité comme intervenant lors du débat qui suivit la projection.

samedi, 03 janvier 2015

soixante ans de "poches" et de bonheur qui commencent ainsi

Mon premier poche : Terre des hommes de Saint-Exupéry, le 68,  le 20 août 1954.
Le deuxième : Le Zéro et l'Infini d'Arthur Kœstler, le 35, le 6 décembre de la même année.
Le troisième : Journal d'un curé de campagne de Georges Bernanos, le 103, en février 1955.

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Ils ne coûtaient que 150 fr — en "anciens francs" — et s'achetaient au sous-sol de la "grande surface" nantaise d'alors, chez Decré. Les premiers bouquins d'adolescence, pour moi tout seul, de "vrais" bouquins qui changeaient des minces classiques de Gigord, Hatier ou Larousse.

Le zéro et l'infini nous avait été proposé par notre professeur de Philo, Jacques Dujardin, pour illustrer ses cours sur le Marxisme. Dans le milieu de mes "Bons Pères, je ne me souviens pas d'un anticommunisme viscéral. Le Goulag n'était pas encore dans l'actualité, mais les procès de Moscou n'étaient pas ignorés. Dois-je avouer que longtemps d'Arthur KŒSTLER ce que je retins ce furent, dans les troubles bien tardifs d'une sexualité adolescente,  "les seins dorés comme des pommes" : cet extrait d'un dialogue tapé contre le mur de la cellule en "alphabet quadratique"

COMBIEN DE TEMPS Y A-T-IL QUE VOUS AVEZ
COUCHÉ AVEC UNE FEMME?
Il avait certainement un monocle; il s'en servait sans doute
pour taper et son orbite dénudée était prise de tics nerveux.
Roubachof n'éprouva aucune répulsion. Du moins, cet homme
se montrait tel qu'il était; c'était plus agréable que s'il avait
tapé des manifestes monarchistes. Roubachof réfléchit un peu,
puis il tapa :
IL Y A TROIS SEMAINES.
La réponse vint aussitôt :
RACONTEZ-MOI TOUT.
Vraiment, il allait un peu fort. Le premier mouvement de
Roubachof fut de rompre la conversation; mais il se souvint
que son voisin pourrait par la suite devenir très utile comme
intermédiaire avec le n°400 et les cellule au-delà. La cellule
à sa gauche était évidemment inhabitée; la chaîne s'arrêtait
là. Roubachof se cassait la tête à chercher une réponse. Une
vieille chanson d'avant la guerre lui revint à l'esprit; il l'avait
entendue quand il était étudiant, dans quelque music-hall où
des femmes aux bas noirs dansaient le cancan à la française.
Il soupira d'un air résigné et tapa avec son pince-nez :
LES SEINS DORÉS COMME DES POMMES...
Il espérait que c'était le ton juste. Il avait bien deviné, car
le N° 402 insista :
CONTINUEZ. DES DÉTAILS.
Maintenant il devait certainement se tirailler nerveusement
la moustache. Il ne pouvait manquer d'avoir une petite
mous
tache aux bouts frisés. Le diable l'emporte; il était le seul
in
termédiaire; il fallait rester en relations. De quoi parlaient les
officiers dans leur mess? De femmes et de chevaux. Roubachof
frotta son binocle sur sa manche et tapota consciencieusement :
DES CUISSES DE POULICHE SAUVAGE...
Il s'arrêta, épuisé. Avec la meilleure volonté du monde il
n'en pouvait plus. Mais le N° 402 jubilait...*

Pour les "cuisses de pouliche sauvage", l'Apollinaire des Poèmes à Lou, clandestinement introduit entre grammaire latine de Petitmangin et grammaire grecque de Ragon, m'avait déjà sensibilisé à la sensualité équestre des artilleurs de 14/18.

Ce fut aussi l'année de la triade poétique, avec mes trois "Seghers" : René Guy Cadou, René Char, Henri Michaux. Tout aussi clandestins que l'Apollinaire.
Ajouts au Claudel des Cinq grandes Odes pour la gloire catholique et aux Méharées de Théodore Monod pour le voyage — eux, avaient obtenu le "nihil obstat" du préfet de discipline — ces trois Livres de Poche et ces trois Seghers m'établissaient Lecteur.

 

 

* Arthur KŒSTLER, Le zéro et l'infini, Le Livre de Poche, n°35, 1954

 

 

vendredi, 02 janvier 2015

pas de vœux, juste un encouragement

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La tourelle des Perdrix, dans l'estuaire de la rivière de Pont-l'Abbé.

lundi, 29 décembre 2014

Va se clore bientôt le temps des septantes

 

Étonnant - mais l'est-ce vraiment ? -  ce choix de quelques-unes de mes images quand "Face de bouc" me  propose de résumer ainsi mon année 2014

 

 La tombée du jour.jpg

Errant aux fins de terre

 

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quand de jours anciens surgit l'Étrangère

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Et que s'offre à l'homme de vent la fleur d'or dans son écrin de feu

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Ne s'oublie pas, compagnon, le poing levé droit

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 Quand s'annoncent les octobres de révolte 

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Et des jours d´amours violentes à en briser les chaînes

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 Passée la frontière à l'infini se multiplie le visage de L'Étrangère

 

 

 

* Sculptures d'Evelyne Galinsky, dessins d'Ernest Pignon-Ernest et d´Émilie Bransac, portrait de Maiakovsky.

mardi, 23 décembre 2014

le mirabellier d'Étienne

 

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Les Dogons érigent, passé le temps des rites funéraires, une poterie-autel pour le mort qui accède ainsi au statut d'ancêtre, l'antecessor, celui qui précède, l'éclaireur. Nous, l'avant-veille de ce solstice d'hiver, avons planté un mirabellier, l'arbre des merveilles, pour Étienne, notre compagnon d'Éducation populaire.

Etienne, l'homme de la douceur et de l’empathie, mais aussi celui du combat et de la force. Plus de trente ans à ouvrir ensemble des chantiers d'écriture et de lecture, accompagnant des adultes et leur proposant nos modestes outils.
Quand le temps fut venu pour moi d'abord, pour lui ensuite, de remiser notre métier et de ranger nos boites à outils, nous avons poursuivi l'entretien.

Vint la fin du printemps 2011. Notre ultime lecture commune fut La traversée des catastrophes de Pierre Zaoui ; sans doute était-elle trop tardive ? La maladie le recouvrait, déjà, nous n'étions plus sur la même rive.

Nous avons maintenu le bavardage.

Le verdict de la mort est un discours sans réponse possible pour le vivant : il vient d'au dehors de la vie sensible et s'y éteint en l'éteignant. Si la vie ne cesse de nous apporter des nouvelles de morts, elle ne nous a pas donné d'oreilles pour les entendre significativement. C'est pourquoi le discours de la mort impose généralement le silence et l'éloignement des vivants du mourant : on ne peut parler de ce qui n'a pas de réfèrent dans l'ordre de la vie, de ce qui ne se partage pas, à moins d'attrister la vie, et encore pour des prunes — la compassion avec les mourants est la plus stupéfiante des escroqueries, comme si l'on pouvait partager ensemble une souffrance que ni l'un ni l'autre n'éprouve en tant que souffrance déterminée, renvoyant à un réfèrent commun ou analogue.

La mort d'autrui exige ceci : ce que l'on ne peut pas dire, il faut malgré tout parvenir à le parler. Mais alors parler pour dire quoi, si l'on ne peut pas dire la mort ? Parler d'autre chose ? Parler pour ne rien dire et pour passer le temps ? Bavarder ? D'abord oui, évidemment oui...

                                                                                Pierre Zaoui.

Trois ans plus tard.
L'avant veille de ce solstice d'hiver, Alain et Didier ont creusé et planté ; je n'ai fait qu'arroser abondamment le Mirabellier.

 

à Marie, sa compagne,
à l'autre Marie
,
aux Compagnons.

15:35 Publié dans Les graves | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 18 décembre 2014

en cette mi-décembre trop sombre

 

un après-midi brumeux, comme ce jourd'hui, un de ces jours comme abandonnés, j’avais parcouru lentement le Musée, guettant l’émotion qui allait sourdre ou non, l’œil paresseux...



Et puis, il y eut Cassandre*,

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cette blancheur nue
brisée dans le sang d’une guerre à peine achevée et dont le massacre se poursuit encore...

Visage haussé vers le ciel noir, pour l’ultime prière au dieu, à n’importe quel dieu !

La flamme qui brûle sur l’autel, pensée d’une foi moribonde ?
Dans les plis du vêtement jeté, ensanglanté
de violence et de feu,  sur l’angle d’une stèle, se devine
un harnachement d’homme de guerre...

Comme image de ma mort à-venir, cette longue, belle et froide nudité.






*Au Musée des Beaux-Arts de Nantes, tableau de Jérôme-Martin Langlois, 1779-1838.

lundi, 24 novembre 2014

in memoriam

 

 

dans l'ombre portée de sa mort

depuis ce lundi 24 novembre 1964, je l'imagine, Elle, mon Analphabète,
conversant avec mes vieux copains de génie que je fréquentais alors dans mes livres.

Elle, silencieuse, était attentive à mille vies infimes et humbles

lundi, 17 novembre 2014

un regard s'est éteint

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Cet homme a encore les yeux ouverts sur les jaillissements d'écume que lui offraient à pleine vague les Néréides de ses rêves.

Qui était-elle, celle qui s'ouvre ainsi dans la jubilation des eaux ?

Εὐδώρη La Généreuse ?

Εὐλιμένη L'Accueillante ?

Κυμώ La Houleuse?

Γλαυκονόμη La Lumineuse ?

Et qu'est ce corps lui-même, qu'image et forme du navire ? Nacelle et nave, et nef votive, jusqu'en son ouverture médiane...

Saint-John Perse
Amers IX, II, 2

 

Pour un merci au regard de Lucien Clergue

 

vendredi, 10 octobre 2014

Dix ans

et depuis quelques mois, pas mal d'écrans vides quand on ouvre "grapheus tis" !

Eût-il fallu les meubler avec les hésitations du penser, les errances des lectures, le tohu bohu des contradictions qui jamais ne seront des contraires qui s'harmoniseraient d'héraclitéenne manière ?
Dix ans et cependant pas du tout l'intention de clore.


Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'eux

L'aphorisme de Char, affirmé le 10 octobre 2004 est toujours de saison. Sans doute me suis-je laissé submerger par les livres, les auteurs, leur imaginaire et le mien...

Ainsi depuis septembre après un séjour au pays de Jean Giono et de René Char et avant le recommencement de l'atelier de Grec ancien, l'invasion de l'Odyssée, de ses avatars, de ses traducteurs : le vieil Homère, qu'il ait, ou non, été aveugle, qu'il fût un, double ou multiple...


Le seul vraiment "nobélisable" si une vie antérieure était imaginable.

Ce 10 octobre 2004, j'avais salué Derrida et son interrogation : « Sommes-nous des Juifs ? Sommes-nous des Grecs ?» suivie de la réponse joycienne :« Jewgreek is Greekjew. Extremes meet” »

Que ce soit Joyce l'Irlandais qui énonce la réponse, me fait sans vergogne fabriquer un trépied qui est le mien :

GREC      JUIF
CELTE

Que les dix années à venir me soient fécondes !

samedi, 06 septembre 2014

au pays de René Char II

Au matin, on s'éveille et le Monde, des frontières de l'Ukraine au cœur de l'ancienne Mésopotamie en passant par les petites crottes humides d'une république parisienne en dérive, étale sa merde jusqu'à nous contraindre de lassitude à boucher nos oreilles - et le nez. René Char, se référant à Héraclite, nous maintient debout, loin de la nausée :

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Manuscrit d'Héraclite d'Ephèse
III. Grands astreignants...
Recherche de la base et du sommet, 1971

 

Quelques années auparavant, appuyé à Georges de La Tour, dans le maquis de Céreste, il écrivait :

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 La reproduction en couleur du Prisonnier de Georges de La Tour que j'ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille, semble avec le temps, réfléchir son sens dans notre condition. Elle serre le cœur mais combien désaltère !
....................................
Le Verbe de la femme donne naissance à l'inespéré mieux que n'importe quelle aurore....

 

Feuillets d'Hypnos, 178
1943-1944

in Fureur et Mystère, 1962

 

 

 

 René Char achevait son texte par un salut au peintre :

« Reconnaissance à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténèbres hitlériennes avec un dialogue d'êtres humains. »

 

Reconnaissance à René CHAR dont le poème, aujourd'hui, me MAINTIENT.

 

 

 

 

 

 

 

mercredi, 03 septembre 2014

au pays de René Char

 

Des deux ou trois heures passées dans les rues d'une Isle-sur-Sorgue où sur la présence/absence de l'homme René Char semblent s'insinuer de sournoises querelles entre veuve, municipalité, association des amis du poète, ne retiendrais-je donc que cette image ?

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©Nicléane

Mais quelle roue dans le cœur de l'enfant aux aguets tournait plus fort, tournait plus vite que celle du moulin dans son incendie blanc ?

Déclarer son nom
Au-dessus du vent
La Parole en archipel 1952-1960

 

 

 

 

 

 

mercredi, 27 août 2014

« Les terres du couchant » ou le retour des cendres de Julien Gracq

.............................................Ou quand une déception d'avant-hier devient joie pour demain.

Ouest-France du 25 août annonçait une rentrée littéraire qui va laisser dans les brumes de l'automne les 600 livres annoncés par l'appareil éditorial ; voilà que les éditions José Corti, gérées par Bertrand Fillaudeau, vont publier le 9 octobre, un texte inédit de Julien Gracq, Les terres du couchant. Resurgissent dans l'histoire du lecteur cette fabuleuse Presqu'ile et l'un des trois textes qui la composent, La Route.

Le 17 décembre 2006, j'écrivais ceci :

Cette Presqu’île et un Roi Cophétua, qui inspira à André Delvaux ce “Rendez-vous à Bray” que j’aimerais tant revoir pour la nue beauté d’Anna Karina, sont donc précédés par un premier texte, La Route, que Gracq avoue être comme le vestige unique d’un livre mort parce qu’il n’avait “pas choisi, pour l’attaquer le ton juste...” Et pourtant quelle fascination dans cet incipit qui annonçait un immense western, une épopée à la Tolkien ou à la ...Homère. Dommage, dommage, Julien Gracq — je me permets de m’adresser à vous qui êtes bien vivant et qui marchez le long de notre fleuve commun — dommage que vous ayez décidé que “le sujet ne (vous) tenait pas assez à cœur”. Notre horizon en eût été tellement plus riche. La première ligne :

Ce fut, si je m’en souviens bien, dix jours après avoir franchi la Crête que nous atteignîmes l’entrée du Perré ; l’étroit chemin pavé qui conduisait sur des centaines de lieues de la lisière des Marches aux passes...

Et la dernière, hélas ! :

Je me souviens de leurs yeux graves et de leur visage étrangement haussé vers le baiser comme vers quelque chose qui l’eût éclairé — et le geste me vient encore, comme il nous venait quand nous les quittions, avec une espèce de tendresse farouche et pitoyable, de les baiser au front.

Serait-ce qu’après les formidables huis-clos du Château d’Argol, du Rivage des Syrtes, l’ouverture de ces espaces pressentis vous ait coupé le souffle ?

 

Je renvoie à l'article du quotidien régional quand Fillaudeau justifie cette publication.
Le lecteur se réjouit de poursuivre l'aventure avec ces femmes qui hantent les lisières des Marches.