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jeudi, 24 décembre 2009

fumée bleue dans la pluie froide

Aux proches,

aux amies, aux amis,

à l'étranger de passage,

aux inconnus qui suspendront leur heure pour lire ce poème.

 

Noémie et Célia sont là. Elles butinent sur la Toile. Elles me laissent quelques minutes, le temps d'une note et d'un poème, remonté de cette foi du charbonnier qui habitait un instituteur laïc nommé René Guy Cadou.

 

Fumée bleue dans la pluie froide. La bûche est dans la cheminée. Les vins blancs à la fraîcheur, chambrent les vins rouges.

 

En évitant les grand-routes
Et les agglomérations
On se moque des gendarmes
Des menées de la nation

Et l'on injurie Hérode
Le vénal le malappris
Qui confond c'est bien commode
Les parias et les brebis

Mais on marche dans la neige
Et soudain l'on aperçoit
Un brin de fumée qui trempe
Dans le vase bleu d'un toit

On pourrait qu'en dis-tu femme
S'arrêter là cette nuit
Une fois n'est pas coutume
De dormir dans un bon lit

L'ane rit l'âne respecte
La parole du patron
Cependant Marie inspecte
D'un coup d'œil les environs

Les voici devant l'auberge
L'aubergiste a beaucoup bu
II sent le rhum et l'absinthe
L'estomac les oignons crus

Quand ils furent dans l'étable
Que Joseph eût bien pleuré
A la plus grosse des poutres
Une étoile s'alluma

Et le ciel comme une terre
Qui longtemps a manqué d'eau
Aspira jusqu'à son centre
L'enfant-roi dans son maillot.

 

René Guy Cadou

Noël

L'aventure n'attend pas le destin


Enclave nocturne pour la paix !

 

mercredi, 23 décembre 2009

carrioles de bouquins

Polastron écrit qu'au temps de Confucius, vers les années 500 avant notre ère, certains lettrés chinois se déplaçaient avec leur bibliothèque dans des carrioles.

 

« La carriole de livres constitue d'ailleurs l'unité de mesure du savoir. On dit d'un homme très cultivé qu'il est un savant de quatre ou cinq carrioles. »

 

De 1955 à 1965, mes bouquins étaient dans des cantines, de solides cantines vertes en tôle ; d'une, à mon départ pour la forêt tropicale, je me suis retrouvé à trois en quittant le désert.

Je n'ai jamais pensé à mesurer mes savoirs en nombre de cantines.

 

Actuellement, combien de cantines me faudrait-il pour vider ma "librairie" et repartir sur les routes et les mers ? Une suffirait sans doute à estimer ma "culture" et aux seules fins d'entretenir mes savoirs.

 

 

Post-scriptum (qui a peu à voir avec ce qui précède) : en quittant le métier, j'ai transmis à une amie très chère le fonds de littérature de jeunesse que je trimbalais dans une de ces bonnes vieilles cantines en tôle verte. L'amie, plus tard, m' a dit que son compagnon y serrait le blé pour l'alimentation de leurs volailles.

Quelle fin plus honorable : des livres aux fruits de la moisson !

lundi, 21 décembre 2009

au solstice d'hiver

Publiée à l'heure du solstice d'hiver, quand Lucrèce écrit

"viennent en hiver les lenteurs de la nuit".