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dimanche, 22 novembre 2009

une musique parfois...

...encore dans les flottements légers du sommeil et la tiédeur de la couette, dans les écouteurs du petit mp3, "tes boucles d'oreille musicales" dit ma voisine.

Une mélodie bien connue, des trilles suspendues dans les aigües, qui s'allongent, se répètent, et puis comme un sentiment que la cadence se rallonge indéfiniment, la mélodie se désaccorde, les trilles reviennent soutenues par des roulements aux timbales, inhabituels . La mélodie toujours insoutenable de beauté qui semble s'égarer dans un labyrinthe dont le violon ne souhaite point la sortie.

 

Inouï, si le mot n'est pas aporie en écrivant de musique.

 

À pleurer parfois — chez l'écoutant, se rapprochent des jours qui chaque annnée, si lointains et trop proches,  s'obscurcissent d'une ombre bien-aimée.

 

Une écoute si neuve ! Ne suis qu'un piètre mélomane, dans les limites de l'illetrisme musicale.

À réécouter : c'est disponible sur France Mu pendant tout ce dimanche et, pendant trente jours, écoutable "à la carte"en cliquant sur le lien marqué au rouge et en patientant quelques minutes... ou quelques secondes, le temps de dérouler en accéléré le journal et la présentaiton de l'émission.

 

Réécoutez, vous-dis-je !

 

 

vendredi, 20 novembre 2009

il y a deux-cent-cinquante ans aux Cardinaux

 

Le même jour, à la même heure... en baie de Quiberon, où depuis plus de trente ans, je laisse s'effacer les sillages de Dac'hlmat, maintes fois recoupés.
cardinaux2002.jpg
C'est la Guerre de Sept Ans. Toujours ces vieilles querelles franco-anglaises, et le Canada est, cette fois, au cœur du conflit.
Même jour, même heure, le 20 novembre 1759, vers 15 heures, fin du flot, le vent de Ouest-Nord-Ouest souffle à plus de 40 nœuds.
Ciel blafard.
À bord du Soleil-Royal — Bidé de Chézac, capitaine de pavillon — Du Dresnay des Roches, major de l'escadre —  80 canons, 950 hommes — Hubert de Brienne, comte de  Conflans, maréchal de France, amiral, double les rochers des Cardinaux dans leur suet et engage sa flotte de vingt-sept navires* en baie de Quiberon, pensant qu'il ne sera point poursuivi par l'escadre anglaise*, amiral Sir Edward Hawke à bord du Royal George — capitaine John Campbell — 100 canons, 880 hommes.
Mais Hawke choisira le risque et imposera le combat.
cardinaux.jpg
L'escadre française sera décimée : vaisseaux brûlés, échoués, arraisonnés, en fuite dans l'estuaire de la Vilaine — pour les moins vaillants ou... les plus faibles.
Déjà en août de la même année au large de Lagos (Portugal) la flotte anglaise — amiral Edward Boscanven — avait refoulé l'escadre française du Levant, partie de Toulon, sous les ordres de Jean-François de La Clue Sabrant, pour renforcer la flotte atlantique du maréchal de Conflans.
Quarante plus tard, ce sera Aboukir avec Nelson qui annéantira la flotte républicaine de François Paul de Brueys d'Aigalliers. Je n'ose parler de Trafalgar.
Nous n'aurons, tout au long de cette fin du XVIIIe siècle et ce début du XIXe, que nos corsaires pour ne pas amener le pavillon.
Pas facile de redorer nos identités maritimes !!!
à lire :
• de La Condamine (Pierre), Le combat des Cardinaux, éditions du bateau qui vire, Guérande, 1982.
• Le Moing (Guy), La bataille des Cardinaux, éditeur Économia, Paris 2002.
et paru récemment (j'en ai tiré, à titre d'exemple, l'aquarelle ci-dessus),
• Raffin-Caboisse (Pierre), La bataille des Cardinaux, 20 aquarelles, éditions Cheminements, décembre 2008.
(ce livre a reçu le Prix 2009 du Beau livre-Album, de l'Académie de Marine.)
* Il y aurait eu de belles listes dans l'énumération des noms de vaisseaux, de leur armement, de leurs équipages, des chefs d'escadres, des capitaines, des enseignes et seconds...
Ce soir encore, à la nuit tombante, au large de Piriac, le ciel est tout autant blafard que le 20 novembre 1759, la mer est grosse et le noroît hurle. L'homme légèrement titubant qui sort du bistrot du Vercoquin croit apercevoir de hautes vergues brisées qui surgissent, puis s'effacent dans la violence des grains.

 

jeudi, 19 novembre 2009

on appelle ça tricher

En football, quand un joueur du champ touche volontairement de la main le ballon, il triche. Non ?

 

J'avoue attendre cyniquement la protestation suffoquée du sieur Raoult : le tricheur est bien le capitaine d'une équipe nationale qui représentera ce pays où je suis né (avouerais-je que ça m'est insuffisant pour m'identifier "nationalement" ?). Saurai-je un jour la somme de mes identités ?

 

Je suis du côté d'Héraclite, le Flux changeant, contre Parménide, l'Être absolu.

Lire quelques fétus de philosophie à propos de l'identité, la patrie, la nation et tutti quanti dans Libé de ce jour.

 

D'ailleurs, je m'en fous : l'Algérie est, elle, qualifiée. Mais ce n'est pas pour cela que contre la "francité", je revendiquerais "arabité" ou "berbérité".

lundi, 16 novembre 2009

bref retour à la "liste"

La "liste", ça va, ça vient.

Chez les uns, litanies pour rogations, chez d'autres, classifications pour manuels d'entomologie, inventaires avant disparition, chez d'autres, après Rabelais, Borgès, référence est fait à Roubaud ou aux déclinaisons de Chevillard — pourquoi pas  ! — je n'avais point pensé à la déclinaison comme liste.

À lire dans le tiers livre.

Avec comme un arrière-goût des exercices de style de Raymond Queneau.