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vendredi, 16 janvier 2009

encore à propos de "Gaza" et sans commentaires

Pourquoi me tuez-vous ?
Et quoi, ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ?
Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, et cela serait injuste de vous tuer de la sorte.
Mais puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste.


Blaise Pascal
Pensées, fragment 84

mercredi, 14 janvier 2009

la poulie coupée

Entre Apollonios de Rhodes, ses Argonautica et l'auteur breton de la chanson à virer "À Nantes vient d'arriver", plus de deux mille ans d'écart, mais le constant d'un machisme avéré : les marins redoutaient la présence féminine à bord.
Apollonios :

Jason prit ensuite un long javelot, gage d'hospitalité qu'Atalante lui avait donné sur le mont Ménale. La jeune héroïne voulait alors marcher elle-même à la conquête de la Toison d'or, mais Jason l'en détourna, craignant que sa beauté ne charmât les Argonautes et n'excitât parmi eux la discorde.
Livre I, 750.


La chanson à virer des marins nantais :
La Belle, sur les trois-mâts carrés
On n'embarque point d'poulies coupées.


Point n'est nécessaire de commenter longuement la "poulie coupée", qui, donc en argot marin, clairement métaphore allusive, nomme le sexe féminin et désigne la femme en général ; avec plus de précision, parfois, la femme "facile".
Curieusement dans son anthologie de La poésie érotique, Marcel Béalu ne mentionne pas le terme parmi les quelques deux cents qu'il recensa. Je ne le retrouve point non plus dans Les mots et la chose de Jean-Claude Carrière.
La courtoisie est pour le Grec, la trivialité chez le Nantais.

Mais cette hantise de la femme à bord n'était pas encore éteinte, il y a quelques années encore et un navigateur à la grande gueule ne se gênait guère pour clamer l'incompatible de la femme et de la mer.
Isabelle Autissier, Elen Mac Arthur, Samantha Davies, Dee Caffari, Anne Liardet sont des femmes de mer qui ont démenti l'affirmation de la "grande gueule". Mais ces femmes naviguent plus en solitaire et équipage féminin qu'en équipage mixte. Quoique...
Toujours rôde la crainte, que dans le grand large, " la beauté ne charme et n'excite la discorde".

Post-scriptum : Apollonios de Rhodes prend en défaut Wikipédia. Saississez Atalante ! Et lisez. À moins que pour le périple mythique, il y eût d'autres commentateurs...

de la concision de Quignard

Pour me reposer d'une traduction ardue d'un passage de Platon, dans ION , à propos de l'origine du poème — souffle ineffable des Muses ou sueur de l'artisan langagier, j'ai lu quelques pages de Boutès, un des derniers opuscules de Quignard ?
Ce foutu Platon, sous couvert de retranscrire la sagesse de Socrate, il emberlificote la pensée du Maître dans une syntaxe qui use et abuse des particules pré et postpositives. À en perdre son...Grec !
Ce Grec que je retrouve avec un plaisir un peu pervers d'hélléniste sur le retour, tant Quignard parsème son texte de citations et grecques et latines.

Mais aussi a-t-on pratiqué avec autant de virtuosité l'art de l'ellipse dans les proses romanesques ?
Sa concision, au détour d'une digression, ouvre souvent des horizons innombrables. Le lecteur lève les yeux de la page, s'égare dans le songe marin,
Ainsi :

Je raconte brièvement l'histoire de la Grèce : partir sur la mer, foncer dans le vent, fonder une ville, coloniser un rivage, sacrifier un homme en le poussant du haut d'un promontoire, avoir honte du sang qui a coulé, se purifier, repartir d'une autre grève, d'un autre comptoir, d'une autre citadelle.

Au contraire des Grecs, les Romains de l'Antiquité éprouvaient le regret du jardin, des fleurs, des fauves, le regret de l'ombre originaire, des chênes, de la source, du sauvage, du limes, de l'outre-forêt...


Boutès, ch. III


Boutès ? Celui des Argonautes qui saute du vaisseau pour rejoindre les sirènes chantant sur les écueils, écrit Apollonios de Rhodes au chant IV des Argonautica.
Le lecteur, attisé, persiste en son songe tout en s'en allant vérifier sur les écrans la justesse de l'érudition et découvre le possible d'autres fictions.
Car si Quignard, n'ayant point retenu le saut de Boutès, mais avait rencontré Atalante, cette femme si belle à qui Jason refusa la montée à bord d'Argos, craignant, bien avant la rencontre des Sirènes, le trouble sexuel de ses compagnons, quelle fiction se serait esquissée entre les mains du lecteur et en son regard suspendu ?
ἀλλὰ γὰρ αὐτὸς ἑκὼν ἀπερήτυε κούρην, δεῖσεν δ' ἀργαλέας ἔριδας φιλότητος ἕκητι.
mais celui-ci (Jason) l'en détourna, craignant que sa beauté ne charmât ses compagnons et n'excitât parmi eux la discorde.


mardi, 13 janvier 2009

commentaire sur commentaires

J'aime bien que les poètes viennent exposer leur "déraison" dans les commentaires de ce blogue.
C'est plus encourageant que les injures des amateurs de "contrelittérature" aux sentiments très conservateurs — la semaine passée, mais le commentaire est effacé — et un peu moins désopilant que les demandes égarées, juvéniles (?) et aimables — c'était hier — pour traiter les acnés.

Me rappele tout ÇA, la dame d'un anodin commentaire du genre "Ho ! la belle photo" qui avait un pseudo allèchant, la gourmande, et qui séduisant ainsi ma "souris", d'un clic, vous exposait son cul ! Ce n'était pas l'an passé ! C'était la première année et la dame au cul nu a disparue de la Toile !
Grapheus tis avait encore quelque naïveté.

lundi, 12 janvier 2009

La Toile déjà dans l’histoire ! La Grande et une plus modeste

Ce début de l’an 2009 verrait donc la WORLD WILDE WEB — la Toile, quoi ! — entrer dans l’Histoire.
Déjà en grand témoin et à la Pérec, le 1er janvier, FB se remémorait ses premiers “outils” dans Liste de mon bureau. J’avais beaucoup apprécié sa webCaméra qui montrait l’environ de son “établi”.

Voilà que Place de la Toile la si bonne émission de France Cul — certains vont encore me dire « Mais tu ne fais que ça : écouter France Cul » — ce vendredi 9, invite deux des pionniers de la Toile française et nous fait entendre le merveilleux et inquiétant petit son du modem qui annoncera l’échec ou la réussite de la connexion jusqu’à la venue de la LiveBox... SsssBbboïnggg...

Et voilà que, dans ma modeste aventure, je suis renvoyé à mes premiers pas. J’ai toujours un mince cahier jaune — j’en suis au cinquième, je prends encore des notes, des adresses, des url avec mon stylo, j’y glisse des coupures de presse — commencé le 21 mai 1996. Où ont été laissées des adresses de sites, de "news", de "mailing-lists", des échecs et des réussites de connection, les abonnements aux serveurs, des adresses IP et les premières adresses de courriels — toujours cette préférence pour ce terme francais du Québec.
J’allai quitter le métier, j’avais des rêves de textes à faire courir, je bossais déjà depuis 89 dans les ateliers de Publication assistée par ordinateur, animés par mon vieux compagnon Ch, je pouvais m’offrir un stage de cinq jours de formation professionnelle sur “Internet et les autoroutes de l’information”, à cette espèce d’école nomale supérieure de l’Éducation populaire qu’était l’INEP de Marly-le-Roi.

L’url était http://www.injep.fr. Elle l’est toujours, mais le vieil Institut créé en 1945 a beaucoup changé, ça s’est rajeuni, ce n’est pas le mieux qui pouvait lui advenir.
Ma première connexion, ce fut le soir même avec la BNF et un site bizarre : http://www.tripod.com/”yannk”/ ; le lendemain, j’étais chez des poètes et j’échangeais avec un taulard américain qui émettait depuis sa cellule dans une prison du Minnoseta ou de l’Arkansas...et je commençais la fréquentation qui allait devenir bientôt assidue des sites de Météo.

En juillet 96, premier modem, un Olitec et Netscape comme navigateur — normal ! l’icône était une barre à roue —une tentative avortée avec Groslier (Club-internet), après une sèche engueulade avec “un” aide en ligne peu amène, ce sera donc AOL, jusqu’en septembre 2002.

Et la création du premier site “Dac’hlmat” avec le logiciel FreeWay et cinq url parce que je n'avais droit qu'à 10 Mo à répartir en 2 Mo par pseudo et qu’il ne fallait pas charger avec trop de Mo, le protocole de transport étant lent et la connexion plus que volatile. Je mis une nuit, celle du 24 au 25 janvier 2000, pour télécharger mes pages sur l’espace qu’Aol m’offrait dans le temps mensuel qu’il m’accordait. Cette nuit-là j’avais consommé mon attribution du mois. Dans la nuit du 5 au 6 février entre 3 et 5 heures, après corrections, à nouveau, je réimplantais le site et c'était bouclé en 1 h 40

En 2002, ce fut Wanadoo et sa petite pieuvre verte... l’ADSL — plus de ...Sssbbboinggg...— en décembre et le site Dac’hlmat transféré sur l’espace personnel, site qui existe encore, toujours consultable, mais figé parce que je n'ai pas mis à jour le logiciel FreeWay, attiré par les sirènes libres de SPIP.

Je ne fis aucune démarche pour résilier avec AOL. Le site se “délabrera”. Mais curieusement, jusqu’à cette fin d’année 2008, trois parties de l’ancien site demeuraient accessibles ; ce n’était point pour me déplaire : elles étaient comme trois vestiges d’un site en ruine, s’étalant dans l’immensité de la Toile, L’Écritoire, Le Grand’Lieu et Le Tombeau pour Adrian. Je les ai cru oubliées par AOL, j’allais de temps à autre les consulter, pensant ainsi les maintenir, ce qui semblait vraisemblable. Et puis la semaine dernière je suis “tombé” sur ce site
http://www.peopleconnectionblog.com/2008/11/06/hometown-h...
et cette note :

Hometown Has Been Shutdown
Posted on Nov 6th 2008 1:30PM by Kelly Wilson
Dear AOL Hometown user,
We're sorry to inform you that as of Oct. 31, 2008, AOL® Hometown was shut down permanently. We sincerely apologize for any inconvenience this may cause.
Sincerely,
The AOL Hometown Team
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AOL, victime de la crise, ferme ses serveurs sans crier gare. Rude pour les abonnés non prévenus.
Je n’ai pas jugé bon de protester à la suite des 28 commentaires, certains furieux, d’autres désespérés : les pages semblent irrécupérables.
Dans un dossier “vieux site”, depuis mon abandon d'Aol, j’en avais archivé toutes les pages. Resurgiront peut-être sur les écrans, un soir de nostalgie.

Pour clore cette note “Histoire du Net”, le MAC a 25 ans. Je suis depuis 1991, mes débuts en Pao, un "Macintoshiste forcené". Cinq ans de Thomson TO 16 à double lecteur de disquette m'avaient épuisé par l'encombrement et le poids des machines qui s'ajoutaient aux caisses de bouquins à transporter de stage en stage.
Sur l’établi, se sont succédés, depuis 1991, un LC II, un LC III, un Perfoma 6300 et le bel iMac 20" ; dans les sacs, un PowerBook 145b, un 150 et un des premiers iBook qui ont "fait" le Sahel, les Îles-sous-le vent, les Marquises, Panama, les Asturies, la Galice, Les Andalousies, Gilbraltar, les Baléares, la Catalogne et la Bretagne-Sud. Et si peu de pépins !

18:27 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (2)