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vendredi, 25 mai 2007

des mots, encore des mots

Char centenaire

Dans les textes de Char, les traces sur les “mots” sont relativement tardives : il faut atteindre La Parole en archipel pour rencontrer les premiers questionnements.
Questionnements déjà en tension : accueil et soupçon et ce, dès le surgissement des traces :

On ne peut commencer un poème sans une parcelle d’erreur sur soi et sur le monde sans une paille d’innocence aux premiers mots.
Dans le poème, chaque mot ou presque doit être employé dans son sens originel. Certains, se détachant, deviennent plurivalents. Il en est d’amnésiques. La constellation du Solitaire est tendue.

La Bibliothèque est en feu,
La parole en archipel.


Rejet que l’usage quotidien imprime :

N’incitez pas les mots à faire une politique de masse.
Faire du chemin avec...,
Fenêtres dormantes et porte sur le toit.


Le poète qui versifie en marchant bouscule de son talon frangé d’écume des centaines de mots à ce coup inutiles...
Victor Brauner,
II. Alliés substantiels
Recherche de la base et du sommet.


Ô mots trop apathiques, ou si lâchement liés ! Osselets qui accourez dans la main du tricheur bien séant, je vous dénonce.
L’âge cassant,
Recherche de la base et du sommet


D’où l’incitation à être vigilant sur les sens, d’où l’incitation au travail :
Les jours de pluie, nettoie ton fusil. (Entretenir l’arme, la chose, le mot ? Savoir distinguer la liberté du mensonge, le feu du feu criminel.)
À une sérénité crispée,
Recherche de la base et du sommet


Ô la nouveauté du souffle de celui qui voit une étincelle solitaire pénétrer dans la rainure du jour ! Il faut réapprendre à frapper le silex à l’aube, s’opposer aux flots des mots.
Seuls les mots, les mots aimants, matériels, vengeurs, redevenus silex, leur vibration clouée aux volets des maisons.

Lombes,
Aromates chasseurs



Quand j’ai commencé ces quelques notes sur les mots, avais-je lu ? avais-je oublié l’intervention de Georges Mounin dans Europe (janvier-février 1988) sur Char et le langage, élargissant le thème à la relation langage/poésie, à partir de la préface de Jean Roudaut dans la Pléiade et faisant une référence appuyée à l’entretien de France Huser et René Char, Sous ma casquette amarante ?

Char, un “linguiste”, mais d’atelier. Un poète, quoi !
les mots... redevenus silex.

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