dimanche, 27 juin 2010
à Yeu
Le 25 au soir, quand, au Foleux, nous larguons le ponton, un milan noir, haut dans le ciel.
Passée l'écluse d'Arzal, au mouillage de Tréhiguier, un couple de Tadornes de Belon surveille sa nichée dans la vasière de l'estuaire.
Le 26, par temps de demoiselle, longue descente ensoleillée sur l'île d'Yeu. Mau et moi retrouvons des étendues marines et des amers naguère familiers, la Banche et sa cardinale ouest qui balise le plateau, le Pilier, la Petite Foule, les Chiens Perrins.
Et entre les digues de Port-Joinville, la si belle passerelle de la Galiote d'où les Islaises hâlaient les thoniers, retour de la Biscaye.
Pêcheur qui t'es levé de bon matin,
Regarde à terre les Chiens Perrins :
Si malgré l'beau temps, la passe brise
Le suroît t'réserve une surprise.
Quand brise par calme la Sablaire
T'auras sal'temps d'ouest et misère
tiré de l'Almanach du Marin Breton 1906.
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vendredi, 25 juin 2010
Ce soir, nous larguons
Après quatre jours de silence pour cause de livebox épuisée, Dac'hlmat largue les amarres pour trois semaines entre Yeu et Penmarc'h.
Là nous allions, la face en Ouest, au grondement des eaux nouvelles. Et c'est naissance encore
de prodiges sur la terre des hommes. Et ce n'est pas assez de toutes vos bêles peintes, Audubon! qu 'il ne m'y faille encore mêler quelques espèces disparues : le Ramier migrateur, le Courlis boréal et le Grand Auk...
Là nous allions, de houle en houle, sur les degrés de l'Ouest. Et la nuit embaumait les sels noirs de la terre, dès la sortie des Villes vers les pailles, parmi la chair tavelée des femmes de plein air. Et les femmes étaient grandes, au goût de seigles et d'agrumes et de froment moulé à l'image de leur corps.
Saint-John Perse
Vents.
À toutes et tous, aux prochaines bornes des ports.
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