vendredi, 11 décembre 2009
"Copenhague" V
L'heureux temps. Chaque cité était une grande
famille que la peur unissait; le chant des mains à
l'œuvre et la vivante nuit du ciel l'illuminaient. Le
pollen de l'esprit gardait sa part d'exil.
Mais le présent perpétuel, le passé instantané, sous
la fatigue maîtresse, ôtèrent les lisses.
Marche forcée, au terme épars. Enfants battus,
chaume doré, hommes sanieux, tous à la roue ! Visée
par l'abeille de fer, la rose en larmes s'est ouverte.
René Char
Aux portes d'Aerea,
Retour amont
11:57 Publié dans Char à nos côtés, les civiques, "Poètes, vos papiers !" | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 10 décembre 2009
"Copenhague" IV
Nous sommes, ce jour, plus près du sinistre que le tocsin lui-même. C'est pourquoi il est grand temps de nous composer une santé du malheur. Dût-elle avoir l'apparence de l'arrogance du miracle.
René Char
À une sérénité crispée
08:30 Publié dans Char à nos côtés, les civiques, "Poètes, vos papiers !" | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 09 décembre 2009
"Copenhague" III
L'homme n'est qu'une fleur de l'air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort ; le souffle et l'ombre de cette coalition, certaines fois, le surélèvent.
René Char,
Les compagnons dans le jardin
08:42 Publié dans Char à nos côtés, les civiques, "Poètes, vos papiers !" | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 08 décembre 2009
"Copenhague" II
Je connais des copines et des copains, des "citoyen(ne)s vigilant(e)s", qui maintiennent depuis des mois un piquet, quai Ceineray, devant le Conseil général de Loire-Atlantique pour dire non à un futur monstre aéroportuaire.
Je connais, au sein de ce Conseil, une amie et un ami, élus lucides et... vigilants, qui demandent avec ténacité un moratoire pour enfin sagement renoncer à cette excroissance.
Je leur adresse cette parole de poète.
Viendra le temps où les nations sur la marelle
de l'univers seront aussi étroitement dépendantes
les unes des autres que les organes d'un même corps,
solidaires en son économie.
Le cerveau, plein à craquer de machines, pourra-t-il
encore garantir l'existence du mince ruisselet
de rêve et d'évasion? L'homme, d'un pas de somnambule,
marche vers les mines meurtrières,
conduit par le chant des inventeurs.
René Char
Feuillets d'Hypnos, 127
Nota-bene !!! : En 2005, déjà Airbus chassait le dernier vigneron de ma petite commune.
16:16 Publié dans Char à nos côtés, les civiques, "Poètes, vos papiers !" | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 07 décembre 2009
suivre "Copenhague" à ma manière I
c'est-à-dire en lisant un poète :
Nous errons près de margelles dont on a soustrait les puits.
René Char
Feuillets d'Hypnos, 91
15:29 Publié dans Char à nos côtés, les civiques, "Poètes, vos papiers !" | Lien permanent | Commentaires (0)


