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mercredi, 24 décembre 2008

à la manière de Cadou, une espèce de Noël

à toutes et tous ami(e)s qui viendront
cette nuit ou ce lendemain lire ce blogue,
pour cette lumière au-dessus d'eux.


Ma mère aux longs cheveux tu figures la Vierge
La Vierge un soir d’hiver en une salle d'auberge

II est des gens nombreux et comme au Moyen âge
On touche la servante et l'on brise les tasses

Ce tableau d'autrefois n'est dans aucun musée
Mais tu as les yeux bleus des riches épousées

Dans les faïences du vaisselier de noces tu te mires
Parmi les coqs tu mets les fleurs de ton sourire

Tu es toute tristesse pour les buveurs qui battent
Leurs chiens maigres à grands coups de savate

Et tu me montres à tous en t'excusant un peu
De promener cette lumière au-dessus d'eux

Les nuits d’hiver sont comme lampes à pétrole
Fumeuses et chargées d'un détestable alcool

Si bien qu'on ne voit plus les poils ni les rousseurs
D'un braconnier qui joue dans l'ombre au Donateur

Et qui mêle des doigts les valets et les reines
En balançant l'atout comme on lance la graine

Un soir de lents corbeaux dans un ciel plein de vent
Qu'elle vive à jamais dans le cœur de l'enfant !



René Guy Cadou

La femme à l'enfant
Le Cœur définitif