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mardi, 19 décembre 2006

à nouveau dans de sombres parages

À nouveau dans les parages de la camarde.
Appel aux Dogons pour saluer ce compagnon de mes routes africaines : JeanClaude D était revenu, il y a deux ans de la Falaise de Bandiagara, je ne l'avais précédé que de cinquante ans. Mais que sont cinquante années sur cette piste où depuis, avant-hier, sa mort nous a engagés ?
Les Dogons, achevés les rites funéraires qui éloignent les désordres que nous causent "l'impureté" du mort et l'entraînent hors du domaine terrestre, vont rompre, dans la complexe érection d'une poterie-autel , les dernières attaches de ce défunt qui de la qualité de "mort" passe à la qualité d'ANCÊTRE vivant.

Ancêtre qui vient du latin antecessor, celui qui précède, d'abord attesté comme terme militaire au sens de « éclaireur ».
Les ancêtres comme des éclaireurs !
Les Dogons ne sont pas loin de me fournir une amorce de réponse à l'interrogation de l'immortalité et de l'éternité.
Et si c'était de notre ressort à nous, les encore vivants, de continuer nos morts bien au delà du simple souvenir ?

Char écrivant sur la mort de Camus se rapproche des Dogons :

Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n’est pas le silence. Qu’en est-il alors ? Nous savons, ou croyons savoir. Mais seulement quand le passé qui signifie s’ouvre pour lui livrer passage. Le voici à notre hauteur, puis loin, devant.


Jeudi, au sortir de ses funérailles, je pourrai dire de JeanClaude : « Salut ! L'Ancêtre ! »