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vendredi, 29 septembre 2006

toujours en rogne, et plus que jamais

Ce matin, au marché, à l'étal de mon marchand de brioches — il nous revient fidèlement (!) chaque automne après nous avoir abandonné les trois mois de l'été pour les estivants de nos plages d'ouest —, abruptement, après que j'eus glissé dans mon cabas le long et appétissant pain doré : « Et vous ? Que pensez-vous du désistement de Jospin ? » — le matin déjà, une légère altercation avec Nicléane à propos de l'éventuelle candidature "royale" — je crains fort que mes amies ne succombent à des sirènes faussement féministes – je lâche ma rage sur cette démocratie d'opinion, ces sondages, ces manchettes, ces commentaires d'experts qui rongent notre civisme.

Je lui parle de Pierre Rosanvallon et de sa "CONTRE démocratie", entendu lundi matin sur France Cul. Évidemment !

J'ai perçu les mots de démocratie grecque, de surveillance, de contrôle : le fameux "CONTRÔLE OUVRIER" que j'agite depuis plus de trente ans comme nécessaire CONTRE-point à la représentation citoyenne qui ou s'étiole ou se sclérose dans la durée des mandats.... ce bon vieux CONTRÔLE OUVRIER — ouvrier, mot issu de "opera", ouvrage, labeur, travail, bien au-delà des classes sociales — mais un contrôle, à tous les échelons de nos institutions élues et administratives, par celles et ceux qui "agissent".

CONTRÔLE OUVRIER, vieille séquelle toujours remuante, héritée de nos quelques mois d'autogestion bien réelle dans les petites entreprises de Biskra, désertées par leurs patrons pieds-noirs ou métropolitains que se réappropriaient les ouvriers et employés algériens.
Rien d'un passé "d'anciens combattants", mais une idée toujours tenace et sans doute complètement dingue à mettre en œuvre.
Mais, mais...ça maintient droit face à ce verbeux qui tente, chaque matin, chaque soir, de nous engluer !

Je vous construirai une ville avec des loques, moi !

Henri Michaux
Contre, in La nuit Remue.


Comme quoi, la littérature n'est jamais très loin !