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samedi, 20 février 2010

préparant une soirée qui voudrait être surréaliste

J'ai donc sorti des rayons tous mes "Breton", une pile qui est une liste qui peut être une énumération qui est une chronologie de lecture.

(J'avais le projet de rédiger mon autobiographie de lecteur : laquelle est sans doute, depuis cinq ans de blogue, en cours de rédaction).

 

Manifestes du surréalisme, le  20 avril 63, à Alger,

Nadja, le 25 juin 64, à Nantes, — Rabéa encore Vivante,

Les Pas perdus, le 17 février 70, à Nantes,

Arcane 17, le 10 juillet 70, à Paris, — chez Maspéro et je ne l'ai pas volé, c'était pourtant la mode,

L'Amour fou, même jour, même lieu,

Clair de terre, le 2 octobre 70, à Bordeaux,

Signe ascendant, le 5, même mois, à Angoulème

Les Vases communicants, le 17 novembre 70, même lieu,

Point du jour, même jour, même lieu,

Flagrant délit, le 31 mai 71, à Nice,

Anthologie de l'humour noir, le 2 octobre 71, à Bordeaux,

Les Champs magnétiques (avec Ph. Soupault), le 14 juin 1972, à Angoulême

La Clé des champs, le 1er mars 73, à Bordeaux,

Entretiens, le 3 avril 73, même lieu,

Martinique charmeuse de serpents, le 8 octobre 73, même lieu.


 

S'insérent le André BRETON de Jean-Louis Bédouin chez Seghers, acquis en 70 et le André BRETON par lui-même de Sarane Alexandrian au Seuil, acquis en 71.

L'accumulation des dates dans les années 1970 s'éclaire par un certain renouveau, dû (?) à 68 et aux intérêts éditoriaux qui développent les collections de poche.

D'ici le 5 mars, je relirai "à sauts et à gambades". Mais déjà, dès les premières lignes,  c'est revigorant, quoique la prose des essais est, en  maintes pages,  encombrée !

 

 

La semaine dernière, je n'ai pas contemplé la Tour Saint-Jacques, enflammée au coucher du soleil ; c'était sous un ciel de neige et l'ombre d'une vagabonde inconnue, sans doute, m'avait effleuré.

 

J'étais de nouveau près de vous, ma belle vagabonde, et vous me montriez en passant la Tour Saint-Jacques sous son voile pâle d'échafaudages toursatjac.jpgqui, depuis des années maintenant, contribue à en faire plus encore le grand monument du monde à l'irrévélé. Vous aviez beau savoir que j'aimais cette tour, je revois encore à ce moment toute une existence violente s'organiser autour d'elle pour nous comprendre, pour contenir l'éperdu dans son galop nuageux autour de nous :



A Paris la Tour Saint-Jacques chancelante

Pareille à un tournesol



ai-je dit assez obscurément pour moi dans un poème, et j'ai compris depuis que ce balancement de la tour était surtout le mien entre les deux sens en français du mot tournesol, qui désigne à la fois cette espèce d'hélianthe, connue aussi sous le nom de grand soleil et le réactif utilisé en chimie, le plus souvent sous la forme d'un papier bleu qui rougit au contact des acides.

 

L'Amour fou,

pp. 55-56.



 

Mac Luhan et Teilhard de Chardin ! Fichtre !

Sur Place de la Toile, Teilhard de Chardin et Mac Luhan cités comme grands ancêtres annonçant l'Internet — entre la 19e et 20e minute. Pour le second, ce me semble aller de soi mais pour le grand Jésuite paléontogue (... et plus), le qualifier ainsi a remué mon affect d'internaute.

 

Moins dans les imaginaires de la Toile, mais dans un usage plus trivial, il faut lire le commencement d'un bilan chez Berlol l'homme qui — je me répète — écrivit, il y a huit ans, Les salons littéraires sont dans l'internet. Certes pas un ancêtre, mais déjà un aïeul dans l'âge galopant de l'Internet ouvert au plus grand nombre ! Il ne m'en voudra point.

 

C'était, avant de replonger dans le Surréalisme et Breton, ma rubrique "sur la Toile".