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dimanche, 05 avril 2009

deux « semaines saintes » si étranges

Le Dimanche des Rameaux en 1999,
trente-neuvième jour de mer depuis Ua Huka.
Nous étions par 11°08'15 Nord et 109°18'44 Ouest. Depuis trois jours dans un vrai chaudron à grains.

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Nous réduisions, rehissions, réduisions la toile, ruisselants de pluie chaude.
Acapulco était encore à six cent cinquante milles.

Le Dimanche des Rameaux en 2002, à Ronda, les Pénitents noirs, les reins ceints de cordes de chanvre brut.

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Les stridences aigres des trompettes et les Vierges vacillantes sur les pasos. Une Semaine Sainte durant, dans les Andalousies Atlantiques.

un outil pour jardiner les lectures, chez Michaux

Dans la série des "Je Lis" et non des "J'ai lu", Michaux est un des tout premiers sur mes étagères. Quoique ça faisait bien longtemps que je ne l'avais lu avec la constance de ces derniers jours, motivée par la quête des anaphores. À côté de ces dernières et de ses sentences, j'ai déniché un excellent outil de jardin pour désherber les lectures qui me grattent, — ces jours-ci, Sollers avec son Un vrai roman, Mémoires dont la suffisance de certaines pages parvient à des profondeurs d'un nombrilisme, rarement avoué avec autant de cynisme.
Le sarclage, quand ce n'est pas plus radicalement un arrachage, proposé par Michaux tient donc en ceci :

« Quant aux livres, ils me harassent par-dessus tout. Je ne laisse pas un mot dans son sens ni même dans sa forme.
Je l’attrape et, après quelques efforts, je le déracine et le détourne définitivement du troupeau de l'auteur.
Dans un chapitre vous avez tout de suite des milliers de phrases et il faut que je les sabote toutes. Cela m'est nécessaire.
Parfois, certains mots restent comme des tours. Je dois m'y prendre à plusieurs reprises et, déjà bien avant dans mes dévastations, tout à coup au détour d'une idée, je revois cette tour. Je ne l’avais donc pas assez abattue, je dois revenir en arrière et lui trouver son poison et je passe ainsi un temps interminable.
»


Seul le pessimisme du lecteur est indéracinable :
« Et le livre lu en entier, je me lamente, car je n'ai rien compris... naturellement. N'ai pu me grossir de rien. Je reste maigre et sec.
Je pensais, n'est-ce pas, que quand j'aurais tout détruit, j'aurais de l'équilibre. Possible. Mais cela tarde, cela tarde bien*
».


Je dois avouer que le bonhomme Sollers résiste fort bien quand il justifie son maoïsme des années soixante-dix et célèbre ses ouvres antérieures. Indéracinable, lui aussi. Comme du chiendent ! Même avec l'outillage de Michaux.

Je file la métaphore jardinière parce que le lundi-philo de Gilles Clément n'est pas encore très éloigné et qu'hier après-midi, il y avait un forum des citoyen(ne)s pour penser le Développement durable dans notre petite cité et que ce n'est pas un vain mot, ici. Il nous fallait identifier de nouvelles actions possibles pour 2010. Du "Zéro pesticides" à l'entretien des fossés et à l'amélioration des friches, l'agenda sera bien plein. Mais nous y parviendrons :
Qui sait raser le rasoir saura effacer la gomme.
me dit Michaux.

* Une vie de chien, in Mes Propriétés, 1929,